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Sagesse des
Pères du
désert
Ce qu'il
nous faut,
c'est une intelligence
en éveil.
Abba Poemen
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Mai 2008
Devenir Eucharistie
Pour
atteindre ce niveau de communion avec le Christ, il nous faut
réaliser un processus en cinq étapes.
À l'instar de Marie qui a manifesté une grande foi
lorsque l'ange lui est apparu, l'écoute de la Parole divine est
essentielle.
S'abandonner dans la foi, voilà
donc la première condition pour devenir soi-même
«eucharistie».
Cet état n'est pas toujours facile pour nous qui sommes
plutôt portés à contrôler notre vie et
même à souhaiter que Dieu se plie à nos
désirs. Pourtant, c'est Lui qui sait ce qui est le meilleur pour
nous. Alors, «laissons-nous faire» comme Marie, laquelle a
accepté la volonté de Dieu qui venait contrecarrer ses
plans personnels.
Son FIAT nous inspire la marche à suivre. Mais seuls, nous ne
pourrions entrer dans le mystère de l'eucharistie. Nous avons
besoin d'une aide qui agit déjà en nous depuis notre
baptême.
Se laisser à l'Esprit,
selon la si belle expression de Monsieur Olier. C'est-à-dire
laisser l'Esprit Saint agir en nous; telle est la deuxième
condition et le message que saint Paul nous transmet dans ses
écrits.
Après avoir tenté de détruire les
chrétiens, Saul a répondu à la question de
Jésus: «Pourquoi me persécutes-tu?» en
écoutant la voix de l'Esprit et en déclarant: «Cet
Esprit atteste que nous sommes enfants de Dieu... cohéritiers du
Christ». En effet, nous ne pouvons devenir «eucharistie»
sans l'Esprit qui nous habite et qui nous guide dans notre cheminement.
S'offrir avec le Christ,
comme le mentionne la Règle de vie des associés aux
Recluses Missionnaires. Cet énoncé évoque la
troisième condition pour vraiment devenir
«eucharistie». Puisque dans chaque eucharistie, le Christ
actualise son offrande au Père, c'est par notre offrande
personnelle et vivante que nous devenons aussi «eucharistie».
La devise des associés aux Recluses Missionnaires: «Par
Lui, avec Lui et en Lui» prend un sens tout spécial et
nous entraîne à la suite du Christ offert de façon
inconditionnelle. Durant sa vie, Jésus a été un
homme brisé par le rejet, l'incompréhension, le
mépris, l'humiliation et l'isolement. Par le sacrifice
suprême de la mort sur la croix, il a accepté d'être
brisé dans toute sa personne, afin de faire «la
volonté du Père». Pour devenir eucharistie,
à l'exemple du Christ, nous devons aussi être
rompu, c'est-à-dire accepter les souffrances
quotidiennes dans la foi. «La souffrance est essentielle au sacrifice» (François
Varillon). Notre souffrance, en nous brisant, nous transforme et nous
rapproche du Christ eucharistique.
La cinquième étape pour devenir eucharistie consiste
à manger. En venant en nous
dans la communion, le Christ «vit en nous». Saint Paul,
dans son épître aux Galates, s'écrie
lui-même: «Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui
vit en moi». En communiant, nous sommes aussi unis au Christ.
Devenus «eucharistie», nous pouvons alors rayonner cette eucharistie. «Nous
sommes appelés à nous donner les uns aux autres pour
devenir une communauté d'amour» (Henri Nouwen), et
mettre en pratique le numéro 14 de la Règle de vie des
associés: «Par la communion au Pain eucharistique,
chacun de nous a reçu de l'Esprit des dons particuliers à
faire fructifier pour le bien de tous».
Cécile L. laïque
associée
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Ne
crois pas que les humains
Puissent rassasier ta faim
Ce
s'rait naïf de croir' ça
Tu
mérites bien au-delà
Ne
dépends pas trop d'autrui
Dépends
plutôt de Jésus
J'te
garantis qu'avec Lui
Tu ne
seras pas décue
Je
t'entends me répondre:
«Jésus
n'est pas de ce monde
Je ne sens pas sa
présence
Au niveau de mes
cinq sens
Il ressemble
à une idée
À
l'intérieur de ma tête
Avec Lui j'peux pas
marcher
Discuter ou faire la
fête
Je le trouve un peu
tranquille
S'il me parle je n'
l'entends pas
Habituée aux
bruits d' la ville
Couvrant celui de
ses pas
J'entre en contact
avec lui
Surtout lorsque dans
ma vie
Quelque chose ne
fonctionne pas.
C'est bizarre mais
c'est comme ça»
Peut-être
es-tu prête
À aller un
peu plus loin
À ajuster ta
lunette
Pour entrevoir ton
destin
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Tu
es faite pour le bonheur
Non pour les
pacotilles
Ouvre-Lui tout grand
ton coeur
Et sors de ta
coquille
À l'instar de
Jeanne Le Ber
Tu trouverais ta
liberté
Même dans une
chambrette austère
Pourvu qu'elle soit
habitée
Habitée par
Sa présence
Qui a grandeur
d'infini
Pour changer une
existence.
Trouver la porte
suffit
Tu sais pourtant
qu'elle existe
Pour y être
déjà entrée
Pour peu que tu
insistes
Tu pourras y
retourner
Rappelle-toi tous
les trésors,
L'immensité
de l'endroit
Toute la richesse
qui y dort,
Tout l'amour qui s'y
déploie
La porte est
là, ouvre-la
En vrai silenc'
ça se fait
Entre, agenouille-toi
Ne dis rien,
goûte cette paix
Tu n' pourras plus
te passer
De ces rendez-vous
d'amour
Vas-y donc à
volonté
Qu'il fasse nuit ou
bien jour.
L.M.
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Avril 2008
Puisqu'il est son
Père,
pourquoi Dieu ne le sauve-t-il pas?
« Mon Dieu, mon Dieu,
pourquoi m'as-tu abandonné?» Cette prière-cri-du-coeur de
Jésus, prise au psaume 22, qui d'entre nous ne l'a jamais
criée en pleurant? Même Jésus est descendu jusque
là, lui qui se reconnaissait comme le fils unique, le
Bien-Aimé du Père. Cerné par ses ennemis,
abandonné par ses amis, il est humilié, insulté,
méprisé, torturé, brisé. Il ne peut pas
mourir comme ça, comme un mécréant, lui le Juste,
après tout le bien qu'il a fait. Il a dit lui-même que
Dieu était avec lui et qu'il faisait ses oeuvres. Il l'a
supplié de venir à son secours... Pourquoi le laisse-t-il
mourir sur une croix? C'est à n'y rien comprendre! C'est un
scandale! Dieu n'existe pas! Nous sommes éduqués sinon
conditionnés dans un esprit d'efficacité, de
résultats, de force triomphante, de premières places, de
«winner». Tout chemin qui aboutit à la croix fait de
Jésus un «looser». C'est un échec lamentable.
Et le scandale continue à grande échelle, de par le
monde, à des milliards d'exemplaires. Comme les disciples ont
dû être perdus, dévastés! Vendredi saint
d'horreur et d'épouvante.
Ephata! Ouvre, Seigneur, notre inteligence et notre coeur.
Instruis-nous de ta Sagesse. Tes chemins ne sont pas nos chemins et tes
pensées ne sont pas nos pensées. Nous sommes durs de comprenure mais avoue que tu es
déroutant... Il a fallu que tu reprennes les Écritures
avec les disciples d'Emmaüs, que tu marches avec eux longtemps. Et
tu les as trouvés «esprits sans intelligence et lents
à comprendre». Ce n'est qu'à la fraction du pain
qu'ils t'ont reconnu. Et les autres qui n'ont pas cru le
témoignage des femmes revenant du tombeau vide, et Marie
Madeleine et Pierre au tombeau, et Thomas... Ephata! à tes
chemins d'Amour. Temps de doute et de tristesse, de marche dans
l'espérance. Samedi saint d'attente.
Si tu avais refusé d'aller jusqu'au bout, de rester solidaire
avec nous jusque sur nos pires croix, jusque dans la mort, jamais nous
n'aurions vu l'envers de la croix, jamais nous n'aurions su qu'elle
était passage vers la Vie, vers la résurrection, vers
toi. Nous serions restés enfermés dans la mort et la
désespérance. Seigneur Jésus, tu nous as
aimés jusqu'au bout et tu as eu raison de t'en remettre
totalement à ton Père (Ps 23 et 71). Tu es vivant et nous
pouvons faire le passage avc toi par ton Esprit qui nous habite.
Demeure en nous et fais-nous demeurer en toi. Donne-nous faim et soif
de toi comme d'un monde plus
juste, plus libre et plus fraternel. Qu'on ose aller se nourrir de toi
en participant à ton repas de Vie et qu'on s'y engage à
te suivre, à mettre nos pas dans les tiens, à faire comme
toi en tout, à donner notre vie par amour, jusqu'au bout.
«Vous ferez cela en mémoire de moi!». Tu es toujours
avec nous, vivant! Lumineuse Nuit pascale et Jeudi saint d'amour!
Gérard
L. laïc associé
Hommage à la Mère du Ressuscité
Tu étais là, Marie, au pied de la Croix, lorsque se réalisa l'acte
suprême du don total de Jésus pour notre salut. Ainsi se
réalisait la dure parole de Syméon alors qu'un glaive te
transperçait le coeur. Tu savais que tout ne finissait pas
là... Tu as attendu, ferme dans la foi, puis tu as acueilli avec
joie la résurrection de ton Fils.
Tu étais
là, au
Cénacle, avec les
disciples, attendant dans la patience, l'amour et la prière, le
don de l'Esprit qui ferait éclater la vie jusqu'alors
gardée secrète. Comme la femme enceinte, porteuse d'une
vie qui la dépasse, tu portais la vie de l'Église qui
allait bientôt éclater.
L'Esprit est
passé ...
Il était
lumière, force, courage et audace pour donner naissance au Corps
du Christ ressuscité qui plus jamais ne pourrait mourir. Nous
voilà désormais corps de ton propre Fils. En Lui, nous
voici devenus tes fils et filles bien-aimés.
Tu es notre
Mère, Marie, et nulle autre que toi ne peut autant nous guider
dans l'amour de ton Fils qui nous conduit au Père. Pour servir
Dieu et nos frères, nous nous donnons à toi, Sainte
Mère de Dieu, bénie du Très-Haut. Dans notre
cheminement vers le Christ et dans nos engagements à Le porter
aux hommes et aux femmes de notre temps, c'est vers toi que nous nous
tournons.
De ton Fiat, humble
Servante du Seigneur, nous apprenons à accueillir le Verbe puis
à être attentifs aux indications de l'Esprit. De ta
participation de Mère à la mission rédemptrice de
ton Fils, Serviteur souffrant de Yahvé, nous apprenons à
ne pas fuir l'épreuve mais à y entrer avec la force de
l'Esprit, puis nous sommes conduits à comprendre et à
soulager la souffrance humaine.
Grandissant dans la
fidélité à notre appel à l'amour et au
service, nous ne voulons cesser d'approfondir la réalité
de ta présence dans notre monde d'aujourd'hui, voyant en toi un
support de foi, d'espérance et d'amour.
Monique J., laïque
associée
Mars
2008
L'obole de l'itinérant
Lundi
matin au Tim Horton sur Ste-Catherine face au métro Beaudry.
Avec toast et café, j'observe les allées et venues.
À une table dans un coin, un vieux monsieur dort la tête
sur la table. Et voilà qu'entre un jeune de la rue, un
itinérant, vêtu d'un grand manteau à capuchon car
il fait froid. Grand, barbe longue et cheveux longs, l'air plutôt
"tough", un grand "pack sack" sur le dos. Il va se chercher à
manger et s'asseoit à une table près de la vitrine. Il
ouvre un livre et se met à lire.
Après quelques minutes, il se lève et va à la
table du vieux monsieur. J'entends un bruit de monnaie sur la table. Il
touche le monsieur au bras et celui-ci lève la tête, voit
l'argent, sourit et le ramasse. Le jeune repart dans son coin.
À mon départ, je vais voir le jeune et lui dis: "Mon
vieux, t'as fait ma journée. Je t'ai vu faire". "Comment
ça?", répond-il. "Ben, je t'ai vu partager avec le
monsieur là-bas. Tu sais, y en a beaucoup, bien habillés,
veston, cravate, qui s'en mettent plein les poches et refusent de
partager. Toi qui n'en as sûrement pas plein les poches, tu
partages de bon coeur". Il répond: "Monsieur, c'est la moindre
des choses de partager un 2$ avec quelqu'un qui a faim!"...
Dehors, son triporteur était attaché à un poteau,
avec plein de "stock" et son chien tout blanc couché sur la pile.
Tout ce qu'on peut voir quand on regarde attentivement avec son coeur...
Gérard, laïc
associé.
Donner
au suivant ....
Dans
un monde trop souvent bruyant, je
recherche et favorise les moments de recueillement, d'écoute et
de recherche de la voie de Dieu. Notre vie est trop
souvent
bousculée par les appels à l'aide et les invitations de
toutes sortes auxquelles il est parfois difficile de répondre
par la négative. Dans les moments de frénésie et
de course contre la montre, je pense parfois à Marie qui savait
faire la part des choses et se réserver toute silencieuse
à la bonne cause. Et que dire du silence de Joseph qui se
démarque par son obligeance et sa tendresse à
l'égard de sa petite famille?
C'est souvent dans la prière que je trouve les meilleures
réponses à mes attentes de tous les jours. Il n'y a pas
de meilleure façon de connaître les voies du Seigneur que
d'entrer dans son intérieur dans une attitude de totale
disponibilité à la volonté divine. C'est là
qu'une rencontre avec notre Seigneur devient possible.
Quand le courage
faiblit, quand la confiance et la joie ne sont plus au rendez-vous,
quand
la peur et le doute s'installent, j'entends en moi ces mots:
«N'aie
pas peur! Je suis là... tout près de toi...en
toi...» Nous sommes sur cette terre «des passeurs».
Comme les joueurs du Canadien de Montréal qui se doivent de se
passer le flambeau d'un héros à l'autre, nous nous devons
de passer, aux personnes que l'on rencontre, ce que nous avons
reçu des attitudes du Seigneur déposées en nous.
Ginette, laïque associée
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