Celle qui
deviendra la fondatrice des Recluses Missionnaires est née le 22
octobre 1918,
rue Saint-Hubert, à Montréal, en pleine
épidémie de grippe espagnole. Elle
est baptisée le surlendemain à l’église
Saint-Jean-Baptiste.
La mère de Rita
était très pieuse. Elle
avait consacré l'enfant qu'elle portait à la Vierge Marie
et assistait quotidiennement à la messe. Soucieuse des pauvres,
elle avait aménagé dans son sous-sol un coin pour les
mendiants; Moïse et Canayen y venaient tour à
tour. Cette femme robuste vivra jusqu'à 101 ans. C'est de sa
mère que Rita héritera son amour pour la vie spirituelle
et pour les déshérités. De son père, on
peut dire qu'elle hérita d'un grand coeur et d'un
caractère intrépide.
Rita
avait quatre ans quand la famille s’éloigna de la ville pour
habiter à Pointe-aux-Trembles,
au bord du fleuve Saint-Laurent, non loin de la Chapelle de la
Réparation. Dans la maison des
Renaud, on parlait fort et
haut. On discutait politique mais aussi
droit civil car Olier et Jean-Paul étudiaient pour devenir
avocats. La petite dernière apprit
tôt l’art du verbe
et de la diplomatie. À la mort
de son père, Rita avait douze ans. Elle
aurait été privée de l’avantage d’une
éducation poussée, contrairement aux
autres membres de sa famille, n’eut été la
générosité d’un ami de son père, M.
Joseph Rhéaume, entrepreneur de voies publiques et millionnaire.
M. Rhéaume fut
heureux de voir Rita poursuivre ses études au Mont Ste-Marie,
puis au Collège
Marguerite-Bourgeoys où elle obtint un baccalauréat
ès arts, en 1939. Depuis
l’âge de 13 ans, surtout en commençant mon cours
universitaire, j’étais portée vers
le S. Sacrement, et
Cette
attirance envers le Saint-Sacrement et cette dévotion à
Jeanne LeBer chez l’adolescente deviendront les
éléments constitutifs de sa future
communauté : l’Eucharistie et la réclusion.
Aussitôt ses études terminées, Rita entre comme postulante chez les Servantes du St-Sacrement à Québec. Des troubles de santé l’obligèrent à quitter après cinq mois. Et, de fait, deux ans plus tard, en mars 1943, elle devra être opérée pour fixation d’un rein. De retour chez elle, elle enseigne à la petite école de Pointe-aux-Trembles, puis au patronage fondé par Mlle Philomène Héroux à Rivière-des-Prairies, dans la maison qui allait devenir en 1950 la « Maison Blanche », le premier monastère des Recluses à Montréal. Quelque temps plus
tard, Rita est profondément remuée quand elle entend,
pour la première fois, M. l’abbé Saey prêcher la
pauvreté évangélique. Comme
modèle à imiter, l’Abbé Saey cite le bienheureux
Luchesio, premier tertiaire franciscain. Dans un
esprit de pauvreté et de pénitence, voulant aussi
protester contre la mode, Rita décide de se confectionner une
tunique un peu semblable à celle du saint d’Assise. À
cet effet, elle emploie la vieille couverture de laine grise des
« quêteux » hébergés par la
famille. Elle quitte le foyer paternel et se fait
pèlerine. C‘est ainsi qu’elle et Jeannette
Roy (Mère Jeanne LeBer) se rencontreront au Foyer de la
Protection.
Mère
Rita a vécu à plein la
spiritualité de dépouillement et d’offrande qu’elle a
transmise aux Recluses Missionnaires. Éloignée de sa
communauté pendant plus de 40 ans, elle repose
maintenant dans la paix du Seigneur, auprès de ses sœurs qu’elle
a beaucoup aimées. Une page de l’histoire de la
communauté vient d’être tournée.
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