Chapitre IV -  À la suite de Jésus

13. Expérimenter la joie des béatitudes

Heureux les pauvres de coeur...
Heureux les doux ...
Matthieu 5, 3-12

es béatitudes proclamées par Jésus rejoignent les aspirations les plus profondes du coeur de l'homme et de la femme. Toute personne humaine aspire au bonheur et voilà que Jésus proclame HEUREUX les pauvres, les affligés et même les persécutés. Soyez dans la joie et l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux (Mt 5,12).

Cette anticipation de la béatitude éternelle, tu l'expérimentes par intermittence dans ta propre vie. Une attitude chrétienne de pauvreté intérieure, de douceur, de miséricorde, d'artisan de paix, en te projetant hors de toi-même, te fait vivre le mystère pascal qui aboutit à la joie du Christ ressuscité.

En Marie s'est réalisé le paradoxe des béatitudes. Celle que l'Ange avait saluée avec ces mots: Réjouis-toi, comblée de grâce, s'entendra dire: Un glaive transpercera ton âme (Luc 1, 28; 2,35). Que notre Mère nous aide à être des semeurs de la joie de Jésus, à transfigurer le monde dans l'esprit des béatitudes de son Fils !

page 15 de la Règle de Vie

La Règle de Vie en entier
Le monde ne peut être transfiguré et offert à Dieu
sans l'esprit des béatitudes

Lumen Gentium, Vatican II,  # 31

COMMENTAIRE


Les béatitudes sont comme un jaillissement du coeur de Jésus. Le trop-plein de ce qu'il vit lui-même au plus profond de son être. Le Pape Benoît XVI ira jusqu'à dire les Béatitudes, c'est la biographie intérieure de Jésus.

Jésus "proclame" les béatitudes. Elles ne sont pas des ordres mais un appel, une invitation. Une route à perte de vue, à perte de soi, nous le savons bien.

Nous les accueillons sans savoir jusqu'où nous irons... Ce chemin ouvre sur l'infini. Nous y avançons par des dépouillements successifs, qui nous semblent illimités. Il ne s'agit pas d'acquérir mais de se perdre soi-même. Le but s'éloigne à mesure que nous avançons, que nous descendons en profondeur. C'est notre propre coeur qui est creusé par l'Esprit. Les béatitudes sont essentiellement fruits de l'Esprit. Elles nous amènent  à avoir les attitudes mêmes de Jésus.  Elles ne peuvent être pleinement saisies que dans la mesure où nous les embrassons comme une façon de vivre; car ce n'est qu'en les vivant que nous découvrirons à quel point elles sont vraies. Il n'y a pas d'autre voie pour saisir leur vérité.

Le ton des béatitudes en est un d'encouragement, si bien qu'elles sont un splendide antidote contre le pessimisme.

Puissions-nous nous ouvrir à cette parole de Dieu qui est paix et bonheur pour notre coeur et pour tout notre être, et nous rayonnerons la vraie joie. Si nous ouvrons notre coeur à cette parole, il se passera certainement quelque chose en nous.

Nous pouvons demander à Marie de nous aider, Marie qui fut pure réceptivité à la Parole qui suscita en elle la réponse parfaite.


Dans la vie de Jeanne Le Ber ...

Les béatitudes, ces énoncés de mort-résurrection proclamés par Jésus, étaient pour Jeanne autant de motifs d'espérance. Même les béatitudes qui supposent un contact direct avec le prochain: «Heureux les doux, les miséricordieux, les artisans de paix», étaient chez-elle des attitudes essentielles influençant sa vision du monde et des choses.
                                                                    
Jeanne LeBer, Recluse de Ville Marie, Les Recluses Missionnaires



VOS  COMMENTAIRES
dans le quotidien...


Pauvre, Marie, dans son «Voici la servante du Seigneur, qu'il m'advienne selon ton bon plaisir». La réponse spontanée, pleine d'amour et de totale disponibilité m'est devenue refrain intérieur, prière du coeur qui surgit, qui m'habite profondément.

Je suis convaincue que Dieu me veut heureuse en Lui et par Lui, dans une vie d'intimité qui peut atteindre des profondeurs insoupçonnables . Bien sûr, je ne peux être pleinement consciente de toute cette vie qui m'habite et m'anime en profondeur. L'Infini me demande d'adhérer sans tout comprendre ni analyser. C'est l'abandon à l'Amour dans la confiance de «l'enfant, repu, tout contre sa mère» (Ps 130).

Je suis grand-maman pour la première fois depuis avril 2007. Quel bonheur ! Dans mon petit-fils, je vois de mes yeux ce que c'est que d'être repu tout contre sa maman qui vient tout juste de le nourrir. Avec encore un peu de lait sur la bouche, il s'endort, comblé et vivant un état de grand bien-être. Je le prends à mon tour sans le réveiller et je saisis concrètement l'abandon de l'enfant dans mes bras. C'est la pauvreté du Verbe incarné: Jésus. Ce bébé m'évangélise vraiment. Je vois de mes yeux ce que Dieu me demande de vivre dans ma relation à Lui. Je goûte dans mon regard, dans mes bras, l'Amour qui se donne sans restriction.

La confiance du tout-petit m'interpelle profondément. Je goûte l'amour maternel de Dieu, la «hesed» de Yahvé pour moi. Je ne peux que rendre grâce de recevoir ce cadeau de la saisie plus profonde de l'Abandon confiant du pauvre qui accueille sans analyser et qui ne compte que sur son Abba.

La Béatitude, i.e. le BONHEUR le plus exaltant et durable est de se savoir aimé de Dieu et toujours accompagné. En Dieu, je ne suis jamais seule. Cette expérience de foi me conduit à vivre toujours davantage avec Dieu, par Dieu et pour Lui seul.

Comme associée à la Famille reclusienne, je vis une certaine forme de «réclusion» adaptée à ma condition et à mon milieu. Oui, je suis vraiment heureuse de Dieu. Heureuse du Dieu révélé en Jésus Christ, Dieu Abba, toujours présent et bienveillant pour chacun de nous.

Monique (Gatineau)



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