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5.- La prière chrétienne Tous les chrétiens, quelle que soit leur dénomination, voient en Jésus le Messie attendu, le Christ, le Fils de Dieu. Jésus est né de la Vierge Marie, à Bethléem, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée et Hérode le Grand étant roi. Vers l'âge de trente ans, après avoir été baptisé par Jean qui l'a désigné comme l'Agneau de Dieu, celui qui enlève le péché du monde, Jésus se mit à prêcher. Il annonçait la Bonne Nouvelle que Dieu est Père, créateur du ciel et de la terre, et qu'il accueille tous ses enfants dans son royaume, la vie éternelle. Il promettait la venue de l'Esprit Saint, révélant un Dieu Trinité. Les évangélistes rapportent que Jésus priait souvent son Père et c'est précisément une prière au Père qu'il enseignera à ses disciples: le Notre Père. La doctrine de Jésus se résume dans ce qu'on appelle les Béatitudes: Heureux les pauvres de coeur, les doux, les affligés, ceux qui ont faim et soif de justice, les miséricordieux, les coeurs purs, les artisans de paix, les persécutés (Matthieu 5,3-10). Jésus disait qu'il n'était pas venu abolir la loi de Moïse mais l'accomplir. Malgré ses nombreux miracles et l'enthousiasme des foules, il mourra sur une croix, condamné par les chefs religieux qui voyaient en lui un blasphémateur puisqu'il se disait Fils de Dieu. Dieu scellait, par là même, une nouvelle alliance avec l'humanité, non plus dans le sang des animaux, mais dans le sang de son Fils. La veille de sa mort, Jésus mangea la Pâque avec ses disciples. Il voulut leur donner un exemple de service et d'humilité en leur lavant les pieds. Il leur dit qu'il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime. En bénissant le pain et le vin, il déclara: Ceci est mon corps livré pour vous. Ceci est mon sang versé pour vous. Faites cela en mémoire de moi. C'est pourquoi les chrétiens commémorent, selon différents rituels, la Cène du Seigneur qui constitue l'élément central de leur liturgie. Le troisième jour après sa crucifixion, Jésus ressuscita d'entre les morts, comme il l'avait prédit, et apparut visiblement à ses disciples pendant quarante jours. Puis, il retourna auprès du Père après avoir assuré les siens de sa présence jusqu'à la fin du monde. Les chrétiens voient en la résurrection de Jésus la victoire définitive de la vie sur la mort et le gage de leur propre résurrection. Développement du christianisme Fortifiés par la venue de l'Esprit Saint, les Apôtres se mirent à répandre la Bonne Nouvelle de la résurrection de Jésus et de la rédemption des péchés, non seulement aux juifs mais également aux non-juifs dans tout le bassin méditerranéen, grâce surtout à l'infatigable Paul. L'Apôtre Pierre, désigné par le Seigneur lui-même comme chef de son Église, fuyant la persécution des juifs de Jérusalem, se rendit à Rome où il fut crucifié. Les premières communautés de Jérusalem se rassemblaient dans leurs maisons pour la Fraction du pain. À Rome, les persécutions obligèrent les chrétiens à se rassembler dans les catacombes. La liturgie des chrétiens se composait de l'Eucharistie, de la lecture de la Torah à laquelle s'ajoutèrent des lettres des apôtres et les récits des quatre évangélistes. La persécution contre les chrétiens dura jusqu'à Constantin, empereur romain en 306, qui proclama la liberté de culte par l'édit de Milan. Une période de croissance s'ouvrit alors pour le christianisme occidental et de vastes lieux de culte furent construits. Dans l'Église orientale, les chrétiens, secoués par les hérésies mais jouissant d'une liberté de culte, célébraient déjà dans divers rites une magnifique liturgie qui subsiste jusqu'à nos jours. Dès le IIIe siècle, la vie érémitique et monastique s'organisa avec Antoine et Pacôme en Égypte, et avec Martin de Tours et Benoît en Occident. Les moines et moniales, les ermites, les recluses, consacrant leur vie à la prière liturgique et personnelle, à la lecture des Saintes Écritures, seront les garants de la prière chrétienne authentique à travers les siècles et à travers les tempêtes qui secoueront les Églises. Depuis le VIIIe siècle, l'Église d'Orient et l'Église d'Occident vivaient des tensions tant au point de vue doctrinal que géopolitique. En 1054, l'Église latine voulut ajouter le Filioque au credo. L'Église d'Orient refusa l'ajout et se sépara de Rome. Le schisme fut consommé en 1204 lors de la quatrième croisade responsable du sac de Constantinople. Le Pape décréta un anathème contre l'Église d'Orient, et le Patriarche de Constantinople contre l'Église d'Occident. Pendant un millénaire les deux Églises furent privées de leurs richesses spirituelles mutuelles et complémentaires. Les anathèmes furent levés en 1965 par le Pape Paul VI et par le Patriarche Athénagoras 1er. Tandis que l'Église orthodoxe voyait l'Islam envahir le Moyen-Orient avec l'Empire ottoman, l'Église catholique subissait de lourdes séparations. Ce fut d'abord Henri VIII d'Angleterre qui refusa l'autorité du Pape en 1520 tout en conservant la doctrine et les rites traditionnels. L'année suivante, Luther quittait définitivement l'Église catholique, reconnaissant comme seule autorité la Bible, retenant les seuls sacrements du baptême et de l'eucharistie dont le rite fut notablement modifié. Calvin et d'autres réformateurs suivront, propageant les églises réformées en Europe et, à l'instar des missionnaires catholiques, dans les colonies éloignées. Certes, l'Église catholique avait grand besoin de réforme. Un renouveau spirituel s'était pourtant amorcé avec l'apparition des Ordres mendiants, franciscains et dominicains, et avec la réforme de l'Ordre du Carmel par Thérèse d'Avila et Jean-de-la-Croix. Le renouveau se poursuivit avec Ignace de Loyola et les grands courants spirituels de l'École allemande et de l'École française. Le Concile de Trente, au milieu du XVIe siècle, tenta de remédier à certains abus. Il fut intransigeant envers les hérétiques et la contre-réforme qui s'ensuivit fut malheureusement violente. Bientôt les révolutions, la démocratisation, l'industrialisation, la laïcisation hâteront la séparation définitive de l'Église et de l'État. Cette nouvelle situation eut sans doute un impact sur le rapprochement des Églises chrétiennes entre elles au XXe siècle, rapprochement encouragé chez les catholiques par le Concile Vatican II (1962-65). On remit en valeur la lecture de la Bible, délaissée en réaction au protestantisme. Une traduction oecuménique de la Bible rassembla des biblistes juifs et de diverses confessions chrétiennes. Dans les pages qui suivent, nous développerons certains aspects de la prière chrétienne aujourd'hui en nous inspirant des traditions orthodoxe, protestante et catholique. |
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