verrière Jeanne Le Ber
L'épisode de la "pierre d'aimant"

Extrait de la biographie de Jeanne Le Ber
rédigée en 1722
par M. Vachon de Belmont, p.s.s.


Deux Anglais ayant témoigné à Monseigneur de Vallier le désir de voir la recluse Jeanne Le Ber dans sa solitude, il voulut bien lui-même les y conduire. Ils furent extraordinairement surpris de la voir dans un si petit appartement. L'un deux, qui était ministre, lui demanda pourquoi elle se gênait tant puisqu'elle aurait pu vivre dans le monde avec toutes ses aises et commodités (car il connaissait sa famille). Elle lui répondit que c'était une pierre d'aimant qui l'avait ainsi séparée de toutes choses. Elle ouvrit sa fenêtre par où elle recevait la sainte communion et, se prosternant en regardant l'autel: Voilà, lui dit-elle, ma pierre d'aimant. C'est Notre-Seigneur qui est véritablement et réellement dans le très Saint Sacrement. Elle lui parla de cet auguste mystère avec tant de zèle et de ferveur qu'il en fut surpris. Et l'on a su, qu'étant retourné dans son pays, il en parlait souvent comme d'une chose qui lui avait fait une grande impression, n'ayant, disait-il, rien vu dans le pays de plus extraordinaire.




Jeanne a brûlé comme une lampe ardente devant le tabernacle
pendant vingt ans.
Seigneur, vous avez éteint cette lampe luisante et ardente de son coeur sur la terre,
mais c'est pour la rallumer et la faire luire dans le ciel comme un astre.

Éloge funèbre par M. François de Belmont, 5 octobre 1714