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COMMENTAIRE Intercéder
pour quelqu'un c'est lui
vouloir du bien, c'est demander à Dieu de le bénir.
Intercéder c'est hospitaliser
dans son coeur les peines et les joies du monde entier, selon la
belle expression qui nous vient des recluses d'autrefois. La
prière d'intercession est un ministère dans
l'Église; elle nous rend participants à l'intercession
même de Jésus (cf. He
7,25).
La prière d'intercession comporte deux mouvements: offrir et s'offrir. Le premier mouvement est d'offrir au Seigneur les personnes que nous désirons confier à sa miséricorde, à sa bonté. Le second mouvement qui est de s'offrir pour ces personnes, nous vient de l'exemple de Jésus lorsque nous considérons l'offrande qu'il a faite de lui-même à son Père, en notre faveur, et qui se perpétue dans l'Eucharistie. Le moine Silouane du Mont Athos allait jusqu'à dire que prier c'est verser le sang de son coeur. La prière ne change pas Dieu; elle ne lui fait pas vouloir maintenant ce qu'il ne voulait pas auparavant. C'est nous que la prière change en nous disposant à accueillir la volonté de Dieu sur nous-mêmes et sur les personnes pour lesquelles nous prions. De plus, comme le précise Enzo Bianchi, l'intercession ne nous entraîne pas à rappeler à Dieu les besoins des hommes, car lui «sait de quoi nous avons besoin», mais elle nous entraîne à nous ouvrir au besoin de l'autre, en en faisant mémoire devant Dieu. Ainsi fait Marie dans sa prière d'intercession: elle ne dit pas à Dieu ce qu'il doit faire. Elle présente seulement le besoin, comme elle le fit à Cana en signalant simplement à Jésus le manque de vin. Voilà la vraie prière de demande qui, dans la foi, s'abandonne à ce que Dieu veut pour ses enfants. C'est pourquoi notre intercession, comme celle de Marie, doit passer par le Christ crucifié; car toutes les intercesions ne valent que dans la grande intercession de Jésus qui s'offre en oblation pour le salut du monde. |
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Dans la vie de Jeanne Le Ber ... Son rôle en
était un de suppléance, il avait aussi un
côté nocturne: «Lorsque tous les autres
hommes étaient ensevelis dans le sommeil, que votre louange
était comme endormie, assoupie dans le silence de la nuit, votre
servante comme vigilante sentinelle priait pour sa patrie et pour
toute l'Église».
Éloge funèbre
de Jeanne Le Ber,
François Vachon de Belmont
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| VOS
COMMENTAIRES |
| dans le quotidien... |
| En écrivant ce témoignage
sur la prière d'intercession, je réalise combien cette
prière est importante et précieuse. Elle est
présente dans ma vie depuis longtemps, avant même que je
puisse la nommer sous ce vocable. Elle prend différentes formes
et se vit sous toutes sortes d'aspects. Dans l'accueil de mon
frère ou de ma soeur souffrante, quand je m'arrête et pose
mon regard sur lui, sur elle, que j'esquisse un sourire pour l'inviter
à
se dire, en m'efforçant de l'écouter d'une façon
active et attentive, et que mes tentatives de réconfort,
d'encouragement, de compassion ne peuvent que temporairement soulager
la peine, la souffrance, c'est là que la prière
d'intercession m'aide à aller plus loin dans le sentiment
d'impuissance qui m'habite. En présentant cette personne
au Seigneur et toutes celles qui vivent des situations analogues dans
mon entourage, mon milieu familial, le cercle de mes ami(e)s, je
les remets au Père en lui demandant que sa volonté se
fasse sur elles. C'est Lui le Sauveur. Il connaît tellement mieux
que moi leurs besoins, leurs attentes. Cette souffrance de mes proches m'invite à me laisse rinterpeller par tous ceux et celles qui sont aux prises avec les mêmes situations de foyer éclaté, d'avortement, de séparation, de dépendances multiples etc. C'est là que ma prière d'intercession s'élargit à la détresse d'inconnus que l'on cite dans les journaux ou dans les bulletins de nouvelles. Que puis-je devant tant de détresse humaine? Je ne vois qu'une avenue: celle de déposer ces malheureux sur la patène, aux bons soins du Père et de sa Divine Miséricorde. Lorsque je suis secouée par les désastres naturels, tsunamis, inondations, famine, réchauffement de la planète, je ressens en moi une grande désolation devant le gaspillage des ressources, le peu de souci quant à l'avenir de notre planète. Mon premier mouvement est d'intensifier mes gestes en faveur de la récupération, du recyclage, de l'économie d'énergie. J'aurais tendance à me décourager devant tant de laisser-aller. Et c'est à ce moment que la prière d'intercession prend tout son sens. À l'aide du globe terrestre qui trône dans notre coin de prière, j'offre cette planète au Créateur et l'abandonne à sa Divine Providence. C'est avant chaque eucharistie quotidienne que je prends un temps pour présenter toutes ces personnes et l'univers au Seigneur. Mon Église fait également partie de cette prière. Une Église souffrante, avec toutes ses divisions. Une Église qui s'appauvrit sans cesse, une Église divisée sur les grandes questions de l'heure: avortement, mariage entre conjoints de même sexe, euthanasie. Toutes ces questions me préoccupent et je me sens si démunie. Comme chrétienne, comme laïque engagée, comme priante, comme adoratrice, comme associée, quel est mon rôle devant toutes ces réalités qui me dépassent? Si je ne veux pas me laisser submerger par ces vagues successives de mauvaises nouvelles, ce climat de dépression, cette culture de la mort, ce négativisme; si je ne veux pas perdre ma joie, ma paix intérieure, ma mission est de prier, d'intercéder pour mes frères et soeurs. Je Lui demande de faire rejaillir sur nous et sur toute cette humanité souffrante toutes les grâces, les forces, les bénédictions dont nous aurons besoin pour vivre ces temps qui sont si difficiles. Et je me repose en Lui, dans la confiance et l'abandon. En étant associée aux Recluses Missionnaires, je ne me sens plus seule à être habitée par les mêmes préoccupations. La prière d'intercession fait partie de notre règle de vie. C'est donc une force que d'être en communion pour porter ce monde et cette Église. Lise. |