|
7. L'École française de
spiritualité au Canada
Historique M. Olier, avant sa mort, avait tout juste eu le temps de nommer quatre Sulpiciens pour Ville-Marie. Avec Jérôme de la Dauversière et les membres de la Société de Notre-Dame, il avait oeuvré pour l'établissement de l'île de Montréal. Les fondateurs de cette grande entreprise avaient pour but premier l'évangélisation des Premières Nations, tel que mentionné dans les Véritables Motifs rédigés par M. Olier lui-même en 1643.
Les
Sulpiciens arrivèrent en 1657, soit quinze ans après la
fondation de Ville-Marie. Ils y établirent la première
paroisse, celle de Notre-Dame, et ouvrirent un séminaire pour la
formation des prêtres. Ils contribuèrent non seulement
à l'évangélisation des autochtones mais
également au développement de l'île dont ils
étaient en grande partie les propriétaires, donnant
volontiers aux colons des morceaux de terre à titre gratuit. Quand,
en 1763, la France céda le Canada à l'Angleterre, les
Récollets (Franciscains) et les Jésuites furent
explulsés du pays. Ces derniers ne devaient revenir qu'en 1842.
Les Sulpiciens, grâce à leur titre de Seigneurs de Montréal et
par une habile transaction immobilière, purent demeurer et
poursuivre leur ministère. C'est ainsi que prêtres et
laïcs étant formés de génération en
génération par les disciples de M. Olier, la
spiritualité de l'École française s'est transmise
au Canada, ne connaissant ni
renaissance, ni réforme protestante, ni révolution
française, ni révolution américaine,
observe Benoît Lacroix, dominicain, mais conservant par ailleurs
une
teinte médiévale. Dans
le premier quart du XXe siècle, il y eut cependant une
conscientisation des traits distinctifs de la spiritualité issue
de Pierre de Bérulle et de son influence constante à
travers les siècles.
Henri de
Brémond, prêtre et écrivain, publiait en 1923 son Histoire littéraire du Sentiment
Religieux en France. Il y analysait les divers mouvements
spirituels et on lui doit d'avoir popularisé
l'expression École
française de spiritualité. Par la suite,
plusieurs publications de divers auteurs contribuèrent à
revitaliser ce grand courant spirituel. Mais
c'est surtout après les années 1970 alors que le Concile
Vatican II avait demandé aux congrégations religieuses un
aggiornamento (renouveau) de
leurs Constitutions et Règles et un retour à leurs
sources, que beaucoup de groupements
religieux découvrirent leurs liens d'appartenance avec la
spiritualité de l'École française. Ce fut
précisément le cas pour la communauté des Recluses
Missionnaires dont nous verrons plus loin le charisme propre. Au
Canada, quatre Congrès de l'École française de
spiritualité eurent lieu ces dernières années
rassemblant plusieurs dizaines de communautés religieuses et
mouvements appartenant à la grande famille bérullienne.
Le
dernier Congrès, tenu en 2008, avait pour thème Prophète dans la mission de
Jésus. Il rappelait le premier motif des
fondateurs de Ville-Marie, l'évangélisation,
et invitait à une nouvelle
évangélisation
qui s'avère tout aussi nécessaire en
ce
début du XXIe
siècle.
Héritières de l'École
française au Canada Marie de l'Incarnation (1599-1672) ![]()
On serait
porté à croire que Marie de l'Incarnation, mystique qu'on
appellera la Thérèse
de la Nouvelle-France,
n'était tributaire d'aucune école de spiritualité.
Pourtant on retrouve chez cette femme qui débarqua à
Québec en 1639 et y fonda un monastère d'Ursulines
des traits marqués de l'École française de
spiritualité. Avant de passer au Canada, elle avait vécu
plusieurs années en France où la
spiritualité bérullienne était en plein essor. On
retrouve chez elle la théologie de
l'Incarnation, le voeu de servitude à Marie, la dévotion
au Coeur Sacré du Verbe Incarné. Femme d'affaires durant
son veuvage puis religieuse Ursuline engagée dans un
pays à bâtir, elle voit toute sa vie
finalisée par l'esprit
apostolique. Il n'y a pas de dualisme dans son existence,
expérience mystique/vie quotidienne, tout y est état d'oraison. Marguerite Bourgeoys (1620-1700)
|
École française de spiritualité 1. Qu'est-ce
qu'une
spiritualité?
2.
La
spiritualité de
l'École française:
- Historique -
Caractéristiques
Les Maîtres: - Pierre de
Bérulle
3.
Pierre de
Bérulle suite
Charles de Condren - sa vie - sa spiritualité 4. Jean-Jacques Olier
- sa vie - sa spiritualité 5. Jean Eudes
- sa spiritualité 6. Les disciples 7. L'École
française
au Canada - Historique - Héritières de l'École française: - Marie de l'Incarnation - Marguerite Bourgeoys À
venir ...
8. Héritières de
l'École française: suite- Jeanne Le Ber 9. Héritières de l'École française: suite - La communauté des Recluses Missionnaires Retour aux Archives |
||||||