6. Les Disciples de l'École française de spiritualité

En plus des quatre grands maîtres de l'École française, plusieurs disciples de Bérulle répandent sa spiritualité, chacun apportant son originalité. Tous se préoccupent d'évangélisation par les missions populaires et s'intéressent à la formation des prêtres.

St Vincent de Paul (1581-1660)

Ce dirigé de Bérulle donnera une extraordinaire fécondité à l'École française. Cette spiritualité sera cultivée dans le sens de prolonger le respect de Jésus pour les hommes et les femmes de son temps. «Ce grand saint du grand siècle» prend peu à peu conscience des besoins du peuple chrétien. Dans un esprit plus pragmatique: Allons à Dieu bonnement, saintement et travaillons, il fonde la Congrégation de la Mission (Lazaristes)
pour l'évangélisation des campagnes, et les Filles de la Charité pour le service des pauvres. Il fondera des séminaires pour la formation d'un clergé destiné aux villes et aux campagnes.

La personnalité de Vincent de Paul, appelé communément «Monsieur Vincent», par sa sainteté, par son zèle pour les plus démunis, par son activité missionnaire, domine la vie religieuse du XVIIe siècle en France; elle en est restée la figure la plus populaire.

St Jean-Baptiste de la Salle (1651-1719)

Il a été formé au Séminaire de Saint-Sulpice. Fondateur des Frères des Écoles Chrétiennes, voués à l'instruction et à l'éducation chrétienne des enfants des milieux populaires. La marque bérullienne demeure prépondérante. L'un des signes en est l'évocation que ses Frères ont répété vingt fois par jour depuis trois siècles: Vive Jésus dans nos coeurs! En 1950, le Pape Pie XII l'a proclamé patron spécial des éducateurs.

St Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)

Louis-Marie est le «dernier des grands bérulliens». Apôtre de Marie, il composera de nombreux cantiques populaires et insistera sur la prière du Rosaire. Pour lui, le Rosaire est à la fois une prière à Marie et une prière à Jésus, fils de Marie, pour l'honorer dans ses mystères et les états de sa vie et attirer en nous les grâces de ces mystères. Il fonde en 1703 avec Marie-Louise Trichet les Filles de la Sagesse, congrégation purement hospitalière à l'origine, et qui étendra son activité à l'enseignement des enfants pauvres. En 1705, il décide de réunir au sein d'une Compagnie de Marie des prêtres et des catéchistes dûment formés. Après sa mort, ce petit noyau se développera dans deux directions: la Compagnie de Marie (Pères Montfortains) et la congrégation enseignante des Frères du St-Esprit (devenus Frères de l'Instruction Chrétienne de St-Gabriel au XIXe siècle).

St Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787)

Évêque et docteur de l'Église, il est le successeur, au siècle suivant, de saint Vincent de Paul, dont il a entendu parler par le supérieur des Lazaristes. De même il fut membre d'une communauté sacerdotale qui, à la façon de l'Oratoire, visait à promouvoir parmi ses associés l'idéal de la sainteté sacerdotale. Il fonde en 1732 une congrégation de prêtres et de frères destinés à être apôtres du peuple, missionnaires des humbles: la Congrégation du Très-Saint Rédempteur. Une année plus tôt, avec sa collaboration, sous l'inspiration de Marie-Céleste Crostarosa, naissait l'Ordre contemplatif des Rédemptoristines. La spiritualité des deux familles vise à continuer le mystère de Jésus Rédempteur dans le monde.

St Pierre-Julien Eymard (1811-1868)

Fondateur des Pères du St-Sacrement et des Servantes du St-Sacrement, il fut canonisé en 1962. De ces deux fondations naîtront l'Association des Prêtres Adorateurs, fondée en 1879 par Marie de la Rousselière, ainsi que la Fraternité Sacerdotale et les Oblates de Béthanie fondées par le P. Eugène Prévost.

Dans ses écrits spirituels, le Père Eymard utilise une terminologie propre à l'École française, les «états», mais il y met une coloration particulière: Avec l'Eucharistie, je n'envie pas le bonheur de Bethléem, la société de Nazareth, l'hospitalité de Béthanie. J'ai tous ces états, tous ces amours, toutes ces grâces en l'état eucharistique de Jésus. Pour lui, l'Eucharistie renferme tous les mystères de la vie de Notre-Seigneur.

Bx Antoine Chevrier (1826-1879)

Il fonde en 1860 l'Association des Prêtres du Prado, vivant en pauvre parmi les pauvres. Il fonde en même temps une société de religieuses dans le même esprit, avec le même but. Par l'intermédiaire de ses maîtres du Grand Séminaire, il subit l'influence de l'École française. Il veut former des prêtres dont le but unique soit de reproduire, sous l'action du Saint-Esprit, le divin Modèle, d'abord dans son intérieur, puis dans ses paroles et ses actions. Connaître, aimer, agir, voilà les mots caractéristiques de sa méthode d'oraison. Pour lui, le prêtre ou le religieux, à la suite de Jésus qui s'est fait chair et qui a habité parmi nous, est appelé à suivre Sa voie dans les mystères de son anéantissement à la Crèche (être dépouillé), à la Croix (être crucifié) et dans l'Hostie (être du bon pain).


École française
de spiritualité

1. Qu'est-ce qu'une spiritualité?


2. La spiritualité de l'École française:

- Historique

- Caractéristiques

Les Maîtres:

- Pierre de Bérulle
- sa vie

3. Pierre de Bérulle suite
- sa spiritualité

Charles de Condren
- sa vie
- sa spiritualité


4. Jean-Jacques Olier
- sa vie
- sa spiritualité



5. Jean Eudes
- sa vie
- sa spiritualité


6. Les disciples


7. L'École française
 au Canada


- Historique

- Héritières de l'École française:


- Marie de l'Incarnation
- Marguerite Bourgeoys


8. Héritières de l'École française: suite

- Jeanne Le Ber

9. Héritières de l'École française: suite

- La communauté des
Recluses  Missionnaires