3. Les Maîtres
Pierre de Bérulle suite
Sa spiritualité
L'essentiel de l'héritage bérullien est constitué de quatre aspects importants que l'on retrouve également chez ses disciples, sous des facettes particulières: le sens de Dieu et le sens de l'adoration; le christocentrisme mystique; une tendre dévotion à Marie; le souci de la sainteté des prêtres.

En ce qui a trait au sens de Dieu, les mystiques rhéno-flamands (École allemande) ont exercé sur Bérulle une forte influence. L'absolu de Dieu, sa transcendance et sa sainteté contribuent à former chez lui ce sens de la grandeur de Dieu et de l'adoration. Nous sommes des rien mais des rien en capacité de Dieu. Et, pour lui, adorer c'est prier en suppliant pour autrui.


Son sacerdoce sera au coeur de sa vie et de sa mission. Le désir de sanctification des prêtres s'enracine chez lui dans son christocentrisme. Il a découvert dans l'abaissement du Verbe incarné le modèle de l'entière soumission à Dieu. Le centre, la source de la vie chrétienne, c'est le mystère de Dieu fait homme. Par l'Incarnation, le Christ devient le seul grand-prêtre, capable d'une offrande infinie à Dieu. Les prêtres doivent donc s'identifier à Jésus-Christ, en devenant de vivantes images pour coopérer à son oeuvre.

Pour adhérer au Christ, il faut le contempler en chacun de ses états, dans les mystères de sa vie. Parmi les mystères que Bérulle proposera, celui de l'Incarnation sera au coeur de sa contemplation et de son adoration. L'état d'enfance est pour lui le comble de l'anéantissement: le Verbe, la Parole devenue muette. C'est là que s'enracine sa dévotion si profonde à l'égard du Saint-Sacrement et de la Vierge Marie.


Écrit de Bérulle
Jésus, accomplissement de notre être

(...) Nous devons regarder notre être comme un être manqué et imparfait, comme un vide qui a besoin d'être rempli, comme une partie qui a besoin d'être accomplie, comme une table d'attente* qui attend l'accomplissement de celui qui l'a faite, comme une couche première en la main d'un excellent peintre qui attend les vives et dernières couleurs.

Et nous devons regarder Jésus comme notre accomplissement, car il l'est et le veut être, comme le Verbe est l'accomplissement de la nature humaine qui subsiste en lui... (Opuscule de Piété 144, 1, col.1180-1181).


*Cette expression désigne une pierre réservée en vue d'une inscription.


Charles de Condren (1588-1641)
2e supérieur de l'Oratoire

Charles de Condren naquit près de Soissons, à Vauxbuin, dans une famille de petite noblesse. Son père était un protestant converti. Après ses études au Collège d'Harcourt, il obtient de son père de se faire homme d'Église, renonçant ainsi à une carrière militaire. Après des études théologiques à la Sorbonne et l'enseignement pendant un an de la philosophie, il fut ordonné prêtre en 1614. Il renonça en même temps à son droit d'aînesse et aux biens familiaux.

Condren entra à l'Oratoire en 1617 à l'âge de 29 ans. Bérulle le prendra comme confesseur en 1625.  Il travaillera avec Gaston de Renty à développer la Compagnie du St-Sacrement et jouera un grand rôle dans la conversion de nombreux protestants. Bérulle l'enverra fonder des maisons oratoriennes de 1618 à 1621. En 1624, il fondera et dirigera le séminaire de St-Magloire.

Charles de Condren accepta à contre coeur la succession de Bérulle comme supérieur général en 1629. Malgré ses nombreuses protestations d'humilité, il servit l'Oratoire de toutes ses forces. Il en précisa l'esprit et l'organisation. Il eut le souci des missions et entretint une correspondance abondante. Condren mourut le 7 janvier 1641.

Olier et Saint-Sulpice reconnaissent dans le Père de Condren l'instigateur et le père des Séminaires. Grand maître spirituel et authentique initiateur mystique, il exerça à son époque une forte influence dans l'Église de France, principalement par ses conférences spirituelles et auprès de ses très nombreux dirigés. Beaucoup de témoignages de ses contemporains exaltent ses qualités humaines, sa pénétration théologique et la qualité de sa direction spirituelle. De mémoire étonnante, d'une culture universelle, on l'a présenté comme le plus bel esprit d'homme que Dieu eut créé après saint Augustin.

Sa spiritualité

Le théocentrisme de Bérulle se retrouve chez Condren, mais l'adoration s'exprime pour lui par le sacrifice, l'immolation, l'état d'hostie. Il parle souvent d'anéantissement. Il propose le sacrifice total d'adoration, la consommation.

Le christocentrisme mystique bérullien insiste avec Condren sur l'état d'hostie. Rien n'est digne de Dieu que l'unique sacrifice de Jésus. Plus que Bérulle, Condren parle souvent de la Messe. Jésus y trouve le moyen de continuer dans tous les siècles le même sacrifice et de multiplier chaque jour son offrande sur les autels. Pour lui, la créature, dépendante de façon absolue de la grandeur de Dieu, ne trouve son véritable sens qu'en s'offrant tout entière en sacrifice d'amour et de louange, en hostie vivante.


École française
de spiritualité

1. Qu'est-ce qu'une spiritualité?


2. La spiritualité de l'École française:

- Historique

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Les Maîtres:

- Pierre de Bérulle
- sa vie

3. Pierre de Bérulle suite
- sa spiritualité

Charles de Condren
- sa vie
- sa spiritualité



4. Jean-Jacques Olier
- sa vie
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5. Jean Eudes
- sa vie
- sa spiritualité


6. Les disciples


7. L'École française
 au Canada


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