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COMMENTAIRE Le désert, c'est le silence que tu crées en toi... Dieu habite le silence et c'est dans le silence qu'il nous parle. Le silence est un travail d'attention amoureuse. Quand nous prêtons attention à Dieu, nous réalisons très vite que Dieu nous prête attention. C'est l'attention que Dieu nous porte qui nous permet de porter attention à Dieu. Saint Benoît a deux mots pour évoquer le silence: quies (quiétude) qui est absence de bruit et silentium qui n'est pas tant absence de bruit qu'une attention à... C'est un état d'esprit, une attitude consciente qui nous tourne vers Dieu et vers les autres. L'hésychia est un terme grec que l'on pourrait traduire par paix, silence, tranquillité du coeur. L'hésychia est un repos en Dieu, mais un repos qui invite à la vigilance, à l'éveil du coeur. Le but de l'hésychia est le désir de rencontrer Dieu et le désert est justement le lieu du retrait, le lieu du silence. Cette solitude, cet isolement sont voulus et vont être un terrain privilégié pour rencontrer Dieu. Dieu ne se trouve pas dans l'agitation (cf.1 R 19,11-13). Il ne peut être rencontré que dans le silence et c'est pourquoi il est recommandé de se créer des temps et lieux de silence, de rechercher la solitude intérieure. L'intériorité exige la capacité de s'arrêter, de stopper la course contre le temps, la course contre l'ouvrage qui s'accumule, pour se recueillir, se ramasser, se reposer... Nous ferons une oeuvre infiniment utile à la paix du monde en nous recueillant tous les jours, en cherchant à retrouver au plus profond de nous-mêmes la Source éternelle, la petit voix qui ne cesse de parler à celui qui écoute. (Maurice Zundel) |
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Dans la vie de Jeanne Le Ber ...
Jeanne
s'enfonce dans le silence. Le silence est son choix, son état,
sa voie, sa vie. Elle a décidé de faire de sa vie un
silence qui écoute dans la plus grande attention une parole
jaillissant de ses profondeurs... Le silence la transforme comme
l'argile pétrie par le potier.
Jeanne Le Ber, La Recluse au coeur
des combats, Françoise
Deroy-Pineau
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| VOS
COMMENTAIRES |
| dans le quotidien... |
| Se
retirer au désert Le désert a toujours été pour moi un lieu privilégié pour rencontrer le Seigneur. Dès l'âge de douze ans, j'ai fait cette expérience de Dieu. Même si à l'époque je ne connaissais pas le mot désert, je goûtais ces temps de repos en Dieu. Comme nous demeurions près de l'église, il m'arrivait souvent d'aller prier. Je me retrouvais seule dans l'église et, à ce moment, je ne savais pas pourquoi je me sentais si bien et j'en ressortais toute heureuse. Plus tard dans la vie j'ai eu des difficultés, des épreuves et à chaque fois, c'est au désert, dans le silence, après une visite intense devant l'eucharistie que je suis parvenue à me retrouver. Ainsi, suite à la perte d'un deuxième enfant, après la peine j'ai éprouvé de la colère, de la révolte même. J'en voulais au bon Dieu et je me demandais: «Pourquoi ça m'arrive à moi ?» Puis je suis revenue au désert. Jésus m'y attendait. Je ne pouvais pas prier. Les larmes coulaient abondamment pendant que je ressentais dans mon coeur une chaleur et une grande paix. Je retrouvais le Jésus de mon enfance. J'étais sûre qu'il était là tout près de moi. Je pouvais lui dire: «Je me remets entre tes mains. Que ta volonté soit faite». Je pouvais lui redire aussi: «Tu sais bien, Seigneur, que je t'aime toujours malgré tout et que je ne peux pas vivre heureuse sans Toi.» Depuis ce temps, je sais que c'est là, dans le silence du désert, que je retrouve l'intimité avec le Seigneur. De mes rencontres avec lui découlent la sérénité, le courage et la force d'aller plus loin dans la joie et la paix de Dieu. En avançant en âge, je désire davantage ce silence, ce retrait au désert pour mieux le connaître, être de plus en plus près de Lui pour mieux vivre de sa Vie et de sa Parole et être prête à le rejoindre dans la Vie nouvelle et éternelle. Dans la joie du partage, Hélène |