![]() Le Congrès eucharistique international de Québec Notre participation au Congrès par la prière, par des témoignages, par des réflexions |
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Oui, Jeanne Le Ber sera au Congrès eucharistique avec son amie sainte Marguerite Bourgeoys! En effet, la vie de ces deux amantes de l'Eucharistie sera présentée dans un des kiosques au Centre des Foires de la Ville de Québec. Les deux femmes font partie de l'histoire de la Nouvelle-France dont la Ville de Québec fête cette année ses 400 ans. Marguerite, venue de Troyes pour se consacrer à l'éducation des jeunes de la colonie naissante, accueille avec joie Jeanne qui désire vivre en réclusion perpétuelle dans une annexe de la chapelle de sa congrégation à Ville-Marie (Montréal). Le kiosque présentera l'Oeuvre des Tabernacles qui perpétue jusqu'à nos jours le zèle de Jeanne Le Ber pour l'ornementation des autels. Il présentera également notre communauté des Recluses Missionnaires fondée en 1943 sous l'inspiration de la recluse de Ville-Marie. |
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Les groupes d’adoration eucharistique sont répandus dans l’Église du Québec. Cette pratique a suivi l’implantation des Français à Ville-Marie. Elle devrait se développer avec le prochain Congrès eucharistique de 2008 à Québec. L’Eucharistie étant d’abord un repas fraternel où Dieu se donne lui-même en nourriture, une pratique d’exposition de l’hostie aux regards du croyant semble en détourner le sens. Comme je suis membre associé depuis quelques années aux Recluses Missionnaires qui ont consacré leur vie à l’adoration perpétuelle, cette question m’interpelle beaucoup. Notre devise «offrir et s’offrir, par Lui, avec Lui et en Lui» fait en sorte que toute notre vie tend à devenir eucharistie, comme celle de Jésus. «Offrez vos personnes en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu, voilà pour vous la véritable adoration» dira saint Paul (Rm 12, 1). Une spiritualité de tous les instants incarnée dans le quotidien.
Il
est tellement
plus confortable et rassurant de se retrouver seul à seul avec
Dieu, dans le silence et la paix d’une chapelle, que de mettre les
pieds dans notre monde de violences massives et d’injustices
universelles. Même les relations quotidiennes avec nos parents
et amis, nos voisins et les prochains que l’on croise dans la rue,
surtout dans les grandes villes, ne sont pas de tout repos.
«Qu’il
est difficile d’aimer», chante Vigneault. Alors accueillir et
aimer sans jugement tous ces «étrangers»
étranges
qui La spiritualité des Recluses Missionnaires s’inspire beaucoup de l’École française de spiritualité et, de façon particulière, de Jeanne Le Ber (1662-1714), la recluse de Ville-Marie. Les personnages à l’origine de cette spiritualité – Bérulle, Olier, Eudes, Vincent-de-Paul, Grignion de Montfort – et les communautés qui la vivent encore aujourd’hui, ont su conjuguer adoration/prière et engagement réel avec les exclus et opprimés de leur époque. Elles ne pouvaient méditer les mystères de l’Incarnation et de notre Libération sans s’incarner elles-mêmes dans les espoirs et les souffrances de leurs frères et sœurs. Elles ne pouvaient accueillir à cœur ouvert ce Dieu qui se livre à nous sans réserve sans se livrer elles-mêmes au quotidien. Elles ne pouvaient garder jalousement pour elles seules les flots de l’Amour qui est justement débordement, compassion, communion, solidarité. Ce Dieu qui s’est révélé dans un cœur à cœur avec Moïse en lui disant : «J’ai VU LA MISÈRE de mon peuple en Égypte et je l’ai ENTENDU CRIER sous les coups… et j’ai décidé de le délivrer… et je t’envoie…» (Ex 3, 7-10). Pas très reposant ce Dieu-là. Et Jésus poursuit dans le même esprit en exprimant sa mission par la lecture du prophète Isaïe (Is 61, 1-2): «L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction, pour porter la Bonne Nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé annoncer aux captifs la délivrance…» (Lc 4, 18-19). Et il y a bien des façons de le faire selon le regard que l’on porte sur cette misère et les poussées intérieures de l’Esprit.
Dans notre histoire nous avons une personne laïque qui a poussé à l’extrême (elle serait à la mode à notre époque des extrêmes) l’amour de Jésus dans l’Eucharistie: Jeanne Le Ber. Très tôt, après un séjour de trois ans chez les Ursulines de Québec (Marie de l’Incarnation), elle sent l’appel à une vie recluse dans l’adoration et la prière. Les sages et prudents Sulpiciens suivront de près cette vocation bizarre. Elle y passera le reste de sa vie, dont une vingtaine dans son «reclusoir» derrière la chapelle des Sœurs de la Congrégation Notre-Dame (Marguerite Bourgeoys). Femme équilibrée et pragmatique, elle utilisera sa richesse pour supporter les pauvres et faire éduquer des jeunes filles de Ville-Marie, confectionnera des vêtements pour eux et sera solidaire des angoisses de ses concitoyens lors de la tentative d’invasion des Anglais. Celui qui l’avait ainsi séduite, au point de se lever toutes les nuits pour lui être présente, elle l’appelait sa «pierre d’aimant», Jésus dans l’Eucharistie. Son amoureux ne l’a pas coupée du monde totalement, au contraire, car Lui-même aime le monde passionnément. Le frère André, qui ne peut être taxé de retrait du monde avec ces milliers de visiteurs venus chercher consolation et guérison, en plus de les visiter dans leurs maisons, passait beaucoup de temps en cœur à cœur devant le Saint-Sacrement. Il devenait ainsi comme Jésus à moins que, comme dit saint Paul, ce ne soit Jésus qui prenait place en lui, toute la place, pour continuer de «laver les pieds» des hommes et des femmes d’aujourd’hui. Audacieux, persévérant, compatissant et solidaire des pauvres et des malades de son temps, le frère André. On pourrait ajouter la pratique d’adoration des sœurs de mère Theresa qui y puisent Amour et force au quotidien. Et Charles de Foucauld et des milliers d’inconnu-e-s de par le monde. Je ne sais la tournure que prendra le Congrès eucharistique mais je suis profondément convaincu qu’il faut absolument relier l’adoration à la table du repas et la table du repas à l’accueil de tous sans restrictions et enraciner notre solidarité dans l’Amour, à la Source qu’est Jésus. J’espère qu’à ce Congrès il n’y aura pas les «bons catholiques» et les autres, le «monde méchant et pervers» mais des «brûlants d’amour» ou des «grands brûlés» par Celui qui aime tant le monde et qui nous a aimés jusqu’au bout, tous. Sinon on passe carrément à côté des engagements eucharistiques que Jésus a assumés le premier. Gérard
Laverdure, laïc associé. Article paru dans "Une table eucharistique ouverte et signifiante", novembre 2007 http://table-eucharistique-ouverte.blogspot.com/ |