Septembre 2006


La paix intérieure, un fruit du Silence


Le mot "hésychia" désigne en grec l'état de calme, de paix, de repos, de tranquilité, de quiétude, qui est le résultat de l'arrêt des bruits extérieurs et de l'absence de l'agitation intérieure. Pour trouver la paix, l'hésychia, il faut commencer par s'éloigner de tout ce qui au-dehors est cause de trouble intérieur. Mais cela ne suffit pas. Car la dissipation de notre coeur agité et tiraillé par des attachements, des préoccupations, des pensées fait aussi obstacle à l'hésychia.

Quand le silence devient une habitude de vie, nous nous ouvrons à notre monde intérieur trop souvent peuplé d'inconnus. Si nous désirons réellement atteindre la paix intérieure, il nous faut visiter les recoins obscurs de notre coeur qui nous gardent dans l'agitation tant et aussi longtemps qu'ils ne sont pas identifiés dans la lumière de la vérité. Le chemin de la paix intérieure est aussi un chemin de connaissance de soi, d'acceptation de soi-même et de réconciliation.

Dans la tradition monastique, cette tranquilité de l'âme n'est pas une fin en soi. Si on se libère l'esprit de tout ce qui l'agite, c'est en vue de se disposer à la contemplation de Dieu. Voilà le vrai but de l'hésychia : entrer en relation avec Dieu de façon continue. Être avec Lui et recevoir de Lui la paix véritable, celle de se savoir profondément aimé(e) et pardonné(e).

Le lieu où nous entrons en Sa Présence est le "moment présent". Où que nous soyons, quoi que nous fassions, nous pouvons toujours être avec Lui.  Mais il faut nous habiliter à vivre dans le "maintenant", car le temps de Dieu c'est l'Éternel présent. Pour nous aider à vivre notre "maintenant", il nous faut intégrer en nous-même les événements de notre passé qui nous gardent attaché. Il faut aussi nous détacher des attentes liées au futur qui, souvent, sont en lien avec notre passé.

Contempler Dieu nourrit nos moments de paix intérieure. En effet, nous avons Quelqu'un à qui tout remettre, en qui déposer tout ce qui nous habite. Confier à Dieu nos inquiétudes et nos questionnements, Lui abandonner la part obscure de nous-même, avoir confiance qu'Il veille sur nos proches, qu'Il fait ce que nous aimerions faire pour eux et que nous ne pouvons accomplir à cause de nos limites et de nos pauvretés, voilà ce qui peut apporter la paix à notre âme.

Cette paix intérieure est un fruit cueilli sur l'arbre du silence en Dieu. Nous savons combien de temps un arbre exige pour atteindre sa maturité qui ensuite lui permet de donner son fruit. Le coeur humain en exige autant. Il peut sembler y avoir un paradoxe entre le temps que prend l'hésychia et l'appel à vivre l'aujourd'hui de notre vie. Mais les deux s'attirent l'un vers l'autre et constituent les deux éléments qui permettent à cet arbre de s'épanouir en nous.







Vos réflexions

 Le silence est Parole de Dieu

Quand je fais taire toutes ces voix en moi, quand je me mets dans une disposition d'écoute, intérieure et extérieure, je peux alors entendre cette brise légère et laisser jaillir en mon coeur cette Parole unique qui me soutient, me réconforte:

Celui qui m'aime sera aimé de mon Père,
dit Jésus, nous viendrons chez lui y faire notre demeure.

Comment un Dieu si Bon, si Tendre, si Miséricordieux désire-t-il me rejoindre, moi, si petite, si pécheresse... j'en suis encore tout émue! Toi, mon Dieu, te pencher sur moi!  Faut-il que Tu m'aimes à ce point pour venir habiter en moi. Comment pourrais-je te faire plaisir, Toi qui te donnes entièrement à moi, Toi qui me consoles, me pardonnes, me donnes chaque jour ta Parole de Vie?

Je ne puis que me laisser faire, me laisser pétrir d'Amour, me laisser transformer pour devenir créature nouvelle, avec une totale confiance puisque Tu ne veux que mon bien. Toi en moi et moi en Toi, vivre en osmose, UN, quotidiennement. Déposer tout mon vécu devant Toi, simplement, humblement, et rester assise à tes pieds.

Lorsque mon frère ou ma soeur sur terre me parle et que je fais silence en l'écoutant, ta Parole m'éclaire au fur et à mesure de la conversation. Lorsque quelqu'un(e) me malmène en paroles, jaillissent alors les béatitudes et je reste paisible, confiante car Tu es avec moi, mon unique, mon berger bien-aimé. Comme un enfant regarde son père, je regarde et je me confie en Toi, mon PAPA du ciel. Rien ne pourra me donner plus de joie que de me savoir aimée de Toi; alors à chaque seconde mon coeur désire, aspire: Viens, Seigneur Jésus!

Lorsque quelqu'un me dit:  Tu devrais refaire ta vie, je réponds simplement: Je ne suis pas seule, ma vie est dans les mains de Notre-Seigneur, chaque jour est grâce; avec Lui, je suis comblée de joie. Que demanderais-je de plus? Mes ami(e)s, adorons le Seigneur jour et nuit pour le bien qu'Il nous fait. Rendons-lui grâce chaque jour de la vie qu'Il nous donne, et chantons sa louange pour l'Amour dont Il nous aime!

Gerty.


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