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Introduction
Dans les mois à venir, notre
réflexion se poursuivra sur le silence et la solitude : deux
réalités de toute existence humaine, choisies comme
valeurs importantes dans la vie monastique. Le silence et la solitude
sont au service de notre mission, qui, pour nous, recluses
missionnaires, est l'adoration et l'intercession.
Le silence façonne notre
écoute intérieure pour la rendre capable de recevoir et
d'accueillir toute Parole venant du Père. La solitude, elle,
nous conduit à une communion d'âme et d'esprit avec le
Christ Jésus et aussi avec tous nos frères et soeurs du
monde entier. Ce sont là deux moyens pour nous aider à
vivre en Dieu, à Le rejoindre où Il est, au-dedans de
nous. Deux chemins exigeants qui demandent un engagement ferme de notre
part pour ne pas demeurer à la surface de notre être, mais
plutôt d'en atteindre la profondeur. Silence et solitude sont
nécessaires pour la contemplation où Dieu aime se
révéler à nous et où notre amour pour Lui
grandit.
Quelle expérience
avez-vous du
silence et de la solitude? Quelle place tiennent-ils dans votre vie?
Sont-ils des moments de paix et d'intimité avec Dieu? Ou
sont-ils des temps d'inconfort que vous essayez de fuir avec du bruit
et des activités?
Voila ce qui nous occupera dans cette
réflexion où nous essayerons ensemble d'apprivoiser le
silence et la solitude, ainsi que de les approfondir pour mieux les
vivre. Car tous, inévitablement, nous vivons quotidiennement des
moments de silence et de solitude...qu'en faisons-nous?
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Vos réflexions
Le silence et la
solitude comme
plénitude
Dans le soin
auprès des malades
psychiatriques, mes étudiants doivent apprendre à
construire avec le silence... "très difficile", me disent-ils:
1-2-3 minutes, c'est insensé ! Eh bien, cherchons les
avantages du silence. Dans un premier temps, il permet l'apaisement,
puis l'écoute, et ensuite la réflexion, pour finalement
en arriver à une relation thérapeutique centrée
sur le malade.
Être
à l'aise avec le
silence, c'est accepter de se laisser nourrir l'esprit. Oui, dans
l'adoration, la seule communion avec Dieu se fait en silence; dans la
prière un temps de silence permet le contact avec Dieu. Il ne
s'agit pas de chercher ce que l'on va dire et comment le dire, mais de
se laisser toucher par un silence qui nous renvoie l'écho de
Dieu.
C'est avec ce silence que j'ai appris à me rapprocher de Dieu.
Écouter le silence, c'est faire toute la place à la
Parole de Dieu. Pour notre prochain, c'est s'offrir et lui offrir un
temps de paix, de réconfort, de pause, de repos et
d'inspiration. C'est interrompre ou suspendre les paroles inutiles pour
se consacrer corps et âme à la bénédiction
de Dieu et à l'écoute de son silence
révélateur. C'est un bien-être
apprécié avec le temps, une réponse à bien
des maux ou des malaises, un état d'intégralité,
de profondeur et de plénitude.
C'est étrange de voir le silence et la solitude comme une
plénitude ! Beaucoup diront que la solitude est un vide,
un manque, un désert... Pour qui n'a pas fait
l'expérience du silence, de l'isolement, du recueillement, c'est
un tourment, une charge, un fardeau.
Celui qui s'ouvre à la retraite, à l'exil, à la
méditation se voit averti, clairvoyant, rayonnant de l'Esprit
Saint profondément à l'oeuvre dans nos âmes si
sollicitées par le vacarme, la turbulence, les rumeurs, le
chahut, le fracas... les désordres verbaux qui s'objectent
à la paix, au calme intérieur si peu prisés dans
notre monde actuel.
La solitude, loin d'être un vide, est l'abondance, l'absolu, la
profondeur et la satiété d'une alliance harmonieuse qui
nous vient entièrement et immédiatement de la grâce
toute-puissante du Dieu vivant. Savoir doucement apprivoiser le
silence, la solitude, voilà la réconciliation du corps et
de l'âme en union avec Jésus-Christ, le Fils du
Père, incarné pour notre secours et notre salut.
Yolande V.
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