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Mars 2006 |
La
Solitude du Désert
Dans chacune de nos vies, il y a des temps de "désert". Souvent ils sont reliés à des événements douloureux comme la perte d'un être cher, une rupture familiale, un échec professionnel, etc... Nous sommes soudainement précipités dans une solitude intérieure et personnelle que nous n'aurions pas nécessairement choisie. Parfois aussi, nous choisissons un temps de retrait pour nous retrouver nous-même, pour faire le point dans notre vie ou même nous réorienter vers un meilleur avenir. Il y en a qui choisissent le "désert" pour vivre avec Dieu seul. Quoi qu'il en soit, le "désert" fait inévitablement partie de notre existence. Que faisons nous avec? Quel sens a-t-il? Où conduit-il? L'expérience du "désert" ne peut qu'enrichir. C'est un temps habituellement intense, qui conduit droit à l'essentiel, notre coeur. Étant dépouillés de tout, dépourvus de tout moyen, la sensation d'être mis à nu se fait nettement sentir en nous. Devenus vulnérables et fragilisés, nous cherchons un lieu sécure où nous nous saurons à l'abri des intempéries. Bien souvent, il nous faut chercher longtemps avant de réaliser que le seul lieu sûr est notre propre coeur. Le "désert" apprend à s'habiter soi-même. Confrontés à nous-même, le "désert" peut nous conduire à son secret le plus intime...Dieu. Dieu se cache dans le "désert". Il nous attend là où nous ne voulons pas aller. Il y a quelque chose de rude à vivre et en même temps de libérateur. La solitude du "désert" volatilise notre désir et notre croyance de nous suffire à nous-même. Nous faisons l'expérience de notre petitesse et de notre pauvreté, ce qui creuse en nous l'humilité. Une fissure se créée en nous et c'est pourquoi nous pouvons faire l'expérience intime de Dieu. Quand nous sommes réduits à notre juste valeur, Il peut s'approcher de nous, sans nous briser. Car "Dieu résiste aux orgueilleux, mais c'est aux humbles qu'il donne sa grâce" ( 1 P 5,5). Jésus a passé quarante jours dans le désert de Judée (Mt 4,1). Lui qui était déjà "doux et humble de coeur" (Mt 11,29), que peut-il nous enseigner de plus par son retrait dans la solitude? N'est-ce pas comment devenir de "vrais adorateurs en esprit et en vérité" (Jn 4,23)? L'expérience prolongée du "désert" nous apprend à tout recevoir des mains du Père. Il est Créateur de toute chose, Il est Celui qui donne la vie à chaque instant. Le plus beau fruit à cueillir du "désert" est la confiance la plus totale en Lui seul. Cette dépendance filiale, Jésus est le premier à l'avoir vécue pleinement et il l'a consolidée dans le désert et pendant les temps de sa vie publique où il se retirait pour prier seul (Lc 5,16). Dans nos temps de "désert" intérieur, laissons-nous conduire par l'Esprit (Mt 4,1). Il transformera notre coeur pour que nous puissions nous rapprocher du Père par la confiance et l'abandon. Nous en sortirons libres de L'adorer dans la vérité de notre être, car nous nous reconnaîtrons petits et faibles. N'ayons pas peur de vivre l'intensité de nos "déserts"; ils sont si riches en grâces! Ce sont des moments privilégiés pour grandir et s'affermir! |
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