Mars  2005

 Vivre de l'Eucharistie


PAIN
Cénacle
ROMPU

Le Cénacle à Jérusalem
La veille de sa mort, Jésus exprimait dans un geste simple et familier - rompre le pain - tout ce qu'avait été sa vie, tout ce qu'il laissait aux siens. Le pain rompu se réfère non seulement à un partage généreux émanant de l'exemple de Jésus, mais à sa mort, à son sacrifice, lui qui a livré son corps et versé son sang pour enlever le péché du monde et détruire le mur entre les frères et soeurs ennemis pour leur donner accès à l'amour du Père.

La Pâque de Jésus, son passage de ce monde au Père, est le point culminant de sa vie qui fut tout entière "pascale", c'est-à-dire, choix permanent de Dieu. "Ma nourriture, disait-il, c'est de faire la volonté du Père" (Jean 4, 34), avec ce que cela implique de crucifiement, de petites morts quotidiennes, de renoncement à soi... Être pain rompu, c'est choisir de faire la volonté du Père.

L'expérience de notre brisure est toujours hautement personnelle, intime, unique...Chaque être humain souffre d'une manière qui lui est propre...Nos souffrances nous appartiennent personnellement. Et c'est pourquoi, devant une personne en souffrance, on ne peut que se tenir auprès d'elle en témoin respectueux, silencieux souvent, compatissant et plein de tendresse. Devant la souffrance de l'autre, les mots, souvent, sont de trop. Il suffit d'être là.

Henri Nouwen écrit : "La souffrance dont je suis le plus conscient sur une base quotidienne est celle du coeur brisé." Dans l'énumération qu'il fait des diverses situations qui amènent à ce coeur brisé, j'y vois Jésus, la vie même de Jésus. Il a été, dans son humanité, un homme au coeur brisé, lui qui a été rejeté, ignoré, méprisé, laissé seul.

La prière de Jésus au jardin de l'Agonie est en deux temps. Le premier est le cri humain : "Que ce calice s'éloigne" (Luc 22, 42); je n'en veux pas.  Puis tout de suite et en même temps, il dit: "Que ta volonté soit faite" (Luc 22, 42). Dans ce deuxième temps de sa prière, Jésus reprend le mot de sa mère "Fiat" ("Qu'il me soit fait selon ta parole" Luc 1, 38).  Dans l'Évangile nous trouvons trois fiat: celui de Marie le jour de son annonciation, celui de Jésus dans la nuit de son agonie. Le troisième fiat, c'est le nôtre, celui qui est dans le Pater : "que ta volonté soit faite" (Matthieu 6, 10). Le fiat est la prière parfaite. Dans la pire angoisse, dans la pire détresse, il nous est toujours possible non pas forcément d'articuler "fiat" mais de le murmurer, de le bégayer, au moins cela.  C'est la prière de Jésus.

En mettant notre souffrance sous le signe de la bénédiction, la source de notre souffrance devient source d'espérance.  Toute souffrance est un lieu de croissance, de rencontre avec le Père.  La blessure est un chemin possible vers l'acceptation de soi-même tel que l'on est devant Lui. C'est déjà une certaine expérience d'humilité, un premier pas vers la paix intérieure. Toute souffrance a pour but de nous transformer, de nous transfigurer, de nous rendre de plus en plus semblable à Jésus. 

Durant ce temps de carême, je t'invite à prendre du temps pour méditer le récit de la Passion.  Le Jeudi Saint, Jésus a rompu le pain; et le Vendredi Saint, Il est lui-même Pain rompu.  Que cette contemplation te soit force, soutien et réconfort sur le chemin où tu marches en sa Présence.

Réflexion inspiré du livre "Lettre à un ami sur la vie spirituelle" de Henri Nouwen


Quand tu te sens "pain rompu", qu'est-ce qui t'aide à tenir bon ?

 Vos réflexions

  
C'est la prière et "rien d'autre que la prière" qui aide Andrée à tenir bon en toutes circonstances.  Merci, Andrée,
   pour ton beau poème.


 "Rien d'autre que la prière"

1. 

Lorsque de ma vie
la peine luit
je ne sais rien dire
rien d'autre que la prière.

3.
Lorsque les larmes
brûlent mes yeux
je ne sais rien dire
rien d'autre que la prière.

5.
Lorsque la souffrance
me tord les tripes
je ne sais rien dire
rien d'autre que la prière.

7.
Lorsque l'envie de tout lâcher
me harcelle les tempes
je ne sais rien dire
rien d'autre que la prière.


9.
Lorsque Ton Coeur parle à mon coeur
que Tu saisis mon âme
alors ma prière devient "Silence"
"Silence" de Reconnaissance.

Andrée S.

2.
Lorsque les accusations
pleuvent comme le son d'un gong
je ne sais rien dire
rien d'autre que la prière.

4.
Lorsque mon coeur
se gonfle de peine
je ne sais rien dire
rien d'autre que la prière.

6.
Lorsque leurs souffrances
deviennent miennes
je ne sais rien dire
rien d'autre que la prière.


8.
Lorsque Toi mon Dieu Tu me
montres la beauté de tes Oeuvres
je ne sais rien dire
rien d'autre que la prière.