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PAIN
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ROMPU
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| Le
Cénacle à Jérusalem |
La veille de sa mort,
Jésus exprimait dans un geste simple et familier - rompre le
pain - tout ce qu'avait été sa vie, tout ce qu'il
laissait aux siens. Le pain rompu se réfère non seulement
à un partage généreux émanant de l'exemple
de Jésus, mais à sa mort, à son sacrifice, lui qui
a livré son corps et versé son sang pour enlever le
péché du monde et détruire le mur entre les
frères et soeurs ennemis pour leur donner accès à
l'amour du Père.
La Pâque de Jésus, son
passage de ce monde au Père, est le point culminant de sa vie
qui fut tout entière "pascale", c'est-à-dire, choix
permanent de Dieu. "Ma nourriture,
disait-il, c'est de faire la
volonté du Père" (Jean 4, 34), avec ce que cela
implique de crucifiement, de petites morts quotidiennes, de renoncement
à soi... Être pain rompu, c'est choisir de faire la
volonté du Père.
L'expérience de notre brisure est
toujours hautement personnelle, intime, unique...Chaque être
humain souffre d'une manière qui lui est propre...Nos
souffrances nous appartiennent personnellement. Et c'est pourquoi, devant une
personne en souffrance, on ne peut que se tenir auprès d'elle en
témoin respectueux, silencieux souvent, compatissant et plein de
tendresse. Devant la souffrance de l'autre, les mots, souvent, sont de
trop. Il suffit d'être là.
Henri Nouwen écrit : "La souffrance dont je suis le plus
conscient sur une base quotidienne est celle du coeur brisé."
Dans l'énumération qu'il fait des diverses situations qui
amènent à ce coeur brisé, j'y vois Jésus,
la vie même de Jésus. Il a été, dans son
humanité, un homme au coeur brisé, lui qui a
été rejeté, ignoré, méprisé,
laissé seul.
La prière de Jésus au jardin
de l'Agonie est en deux temps. Le premier est le cri humain : "Que ce calice s'éloigne"
(Luc 22, 42); je n'en veux pas. Puis tout de suite et en
même temps, il dit: "Que ta
volonté soit faite" (Luc 22, 42). Dans ce deuxième
temps de sa prière, Jésus reprend le mot de sa
mère "Fiat" ("Qu'il me soit fait selon ta parole"
Luc 1, 38). Dans l'Évangile nous trouvons trois fiat: celui de Marie le jour de son
annonciation, celui de Jésus dans la nuit de son agonie. Le
troisième fiat, c'est
le nôtre, celui qui est dans le Pater : "que ta volonté soit faite"
(Matthieu 6, 10). Le fiat est
la prière parfaite. Dans la pire angoisse, dans la pire
détresse, il nous est toujours possible non pas forcément
d'articuler "fiat" mais de le
murmurer, de le bégayer, au moins cela. C'est la
prière de Jésus.
En mettant notre souffrance sous le signe
de la bénédiction, la source de notre souffrance devient
source d'espérance. Toute souffrance est un lieu de
croissance, de rencontre avec le Père. La blessure est un
chemin possible vers l'acceptation de soi-même tel que l'on est
devant Lui. C'est déjà une certaine expérience
d'humilité, un premier pas vers la paix intérieure. Toute
souffrance a pour but de nous transformer, de nous transfigurer, de
nous rendre de plus en plus semblable à Jésus.
Durant ce temps de carême, je
t'invite à prendre du temps pour méditer le récit
de la Passion. Le Jeudi Saint, Jésus a rompu le pain; et
le Vendredi Saint, Il est lui-même Pain rompu.
Que cette contemplation te soit force, soutien et réconfort sur
le chemin où tu marches en sa Présence.
Réflexion inspiré du livre "Lettre à un ami sur la
vie spirituelle" de Henri Nouwen
Quand tu
te sens "pain rompu", qu'est-ce qui t'aide à tenir bon ?
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| Vos réflexions |
C'est la prière et "rien
d'autre que la prière" qui aide Andrée à tenir bon
en toutes circonstances. Merci, Andrée,
pour ton beau
poème.
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"Rien
d'autre que la prière"
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1.
Lorsque de ma vie
la peine luit
je
ne sais rien dire
rien
d'autre que la prière.
3.
Lorsque
les larmes
brûlent mes
yeux
je ne sais rien dire
rien d'autre que la
prière.
5.
Lorsque
la
souffrance
me tord les tripes
je ne sais rien dire
rien d'autre que la
prière.
7.
Lorsque
l'envie de
tout lâcher
me harcelle les
tempes
je ne sais rien dire
rien d'autre que la
prière.
9.
Lorsque
Ton Coeur
parle à mon coeur
que Tu saisis mon
âme
alors ma
prière devient "Silence"
"Silence" de
Reconnaissance.
Andrée S.
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2.
Lorsque les
accusations
pleuvent comme le
son d'un gong
je ne sais rien dire
rien d'autre que la prière.
4.
Lorsque mon coeur
se gonfle de peine
je ne sais rien dire
rien d'autre que la prière.
6.
Lorsque leurs
souffrances
deviennent miennes
je ne sais rien dire
rien d'autre que la prière.
8.
Lorsque
Toi mon
Dieu Tu me
montres la beauté de tes Oeuvres
je ne sais rien dire
rien d'autre que la prière.
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