"En toutes choses faites
eucharistie" : voilà la grande définition de la
vie spirituelle chez saint Paul qu'il livre quand il écrit aux
Thessaloniciens dans sa première lettre, chapitre 5, verset
18. "Faire eucharistie"
pas seulement dans la liturgie, mais en répandant ta vie pour
qu'elle s'use et se consume à la flamme de l'Esprit du
Père à la manière de Jésus.
Apprendre à célébrer l'Eucharistie te
conduira à mener une existence eucharistique, à "faire eucharistie en toutes choses".
En puisant dans chaque célébration le mystère de
la vie de Jésus, tout ce que le Père te confie devient
une action de grâce : d'abord, ta propre existence, ta
vocation quelle qu'elle soit, ta famille, ton travail, ta
prière. Comme le pain et le vin, ta vie est un don du
Père et il t'appartient de ne pas la garder pour toi, mais de la
Lui présenter dans un geste d'offrande.
Parfois
tu te demandes à quoi tu sers ? Dans la mesure où
tu es livré(e) à Dieu et à tes frères et
soeurs, et dans la mesure où tu laisses Jésus te
façonner un coeur de pauvre, doux et humble, un coeur pacifique
et plein de miséricorde, tu es un chant de louange à la
gloire du Père, et ta vie devient une eucharistie, un
Magnificat. Tu es appelé(e) à devenir un homme, une femme
qui célèbre, rend grâce, reçoit chaque
instant de sa vie et se reçoit lui-même, elle-même
pour s'offrir et offrir le monde entier par, avec et en Jésus,
à la plus grande gloire du Père. Telle est
l'existence eucharistique.
MARIE, FEMME
EUCHARISTIQUE
Dans l'Eucharistie, l'Église s'unit
pleinement au Christ et à son sacrifice, faisant sien l'esprit
de Marie. C'est une vérité que l'on peut approfondir en
relisant le Magnificat dans une perspective eucharistique. En effet,
comme le cantique de Marie, l'Eucharistie est avant tout une louange et
une action de grâce. Quand Marie s'exclame: "Mon âme
exalte le Seigneur et mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur",
Jésus est présent en son sein. Elle loue le Père
"pour" Jésus, mais elle loue aussi "en" Jésus et "avec"
Jésus.
En
même temps, Marie fait mémoire des merveilles
opérées par Dieu dans l'histoire du salut, selon la
promesse faite à nos pères (cf. Lc 1,55), et elle annonce la merveille qui les
dépasse toutes, l'incarnation rédemptrice. Enfin, dans le
Magnificat est présente la tension eschatologique de
l'Eucharistie. Chaque fois que le Fils de Dieu se présente
à nous dans "la pauvreté" des signes sacramentels, pain
et vin, est semé dans le monde le germe de l'histoire nouvelle
dans laquelle les puissants sont "renversés de leurs
trônes" et les humbles sont "élevés" (cf.
Lc 1,52). Marie chante les "cieux
nouveaux" et la "terre nouvelle" qui, dans l'Eucharistie trouvent leur
anticipation et en un sens leur "dessein" programmé. Si le
Magnificat exprime la spiritualité de Marie, rien ne nous aide
à vivre le mystère eucharistique autant que cette
spiritualité. L'Eucharistie nous est donnée pour
que notre vie, comme celle de Marie, soit tout entière un
Magnificat !
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58 de la Lettre Encyclique "L'Église et l'Eucharistie" du pape
Jean-Paul II
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Merci à Dina de
nous avoir envoyé ses réflexions sur le Magnificat de
Marie et sur les moments de Magnificat dans sa propre vie.
J'ai
récemment fait l'expérience d'un Déjeuner Magnificat. Lors de
cet événement, qui rappelait la visite de Marie à
Élisabeth, nous avons prié, chanté et avons
écouté le témoignage d'une femme sur le
cheminement de sa Foi. J'ai alors réalisé que je vis un
moment Magnificat à chaque fois que quelqu'un partage avec moi
l'action de Dieu dans sa vie. Tout comme Marie qui a partagé
avec Élisabeth tous ses sentiments et son émerveillement
à la lumière de grâce de Dieu dans sa vie, nous
vivons un moment Magnificat quand nous avons conscience que l'Esprit
Saint nous a touchés et que nous en rendons témoignage.
Certes, la visite de Marie a dû donner tant de courage à
Élisabeth ! Il en va de même pour moi quand
quelqu'un me parle de Dieu de sa Foi ou de son cheminement. Par son
Magnificat, Marie a révélé tout son amour pour
Dieu. Par sa visite à Élisabeth, elle nous a
initiés à cette tradition de témoignage de Foi qui
nous enrichit et qui nous permet de savoir que le Christ est
présent pour chacun d'entre nous.
Dina.
À l'occasion du mois de mai, nous publions ici un extrait du
texte que notre supérieure générale, soeur Louise
Marie Dupras, a remis aux soeurs de la communauté et
également aux associé-e-s à leur réunion
annuelle le 28 mai dernier.
Le
pape Benoit XVI, alors qu'il était encore le cardinal Ratzinger,
disait au cours d'une homélie:
Dans la prière actuelle de
l'Église, il est dit que nous devons devenir désir de Dieu. Les
Pères de l'Église disent que prier n'est
véritablement rien d'autre que de devenir désir de Dieu.
En
Marie, cette prière est exaucée: elle est pour ainsi dire
la coupe ouverte du désir,
dans laquelle la vie devient prière et la prière devient
vie. ( Marie, première
Église page 12 )
Cette
réalité spirituelle du désir ou de la faim de Dieu
est essentielle dans une vie qui se veut eucharistique. Or, le
désir ne peut naître que dans un coeur de pauvre,
conscient de sa pauvreté radicale et qui aspire à
être comblé par la Présence.
Vois notre faim, Sauveur du monde,
Partage-nous ta parole et ton pain !
( Répons Office du Saint-Sacrement )
Pour devenir "eucharistie", nous devons
comme Marie apprendre à "lire Dieu" dans la rude
catéchèse des événements quotidiens. Ne
séparons pas de l'offrande eucharistique tout ce qui arrive dans
nos vies.
Soeur Louise Marie
Dupras, r.m.
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