Février  2005

 Vivre de l'Eucharistie




Au coeur

de notre monde,
 
devenir

" Béatitudes "
béatitudes


Dans son sermon sur la montagne, Jésus promet comme récompense le Royaume des Cieux et énumère en quoi consiste ce Royaume. Pour établir son Projet d'Amour, il a rassemblé le monde entier en lui, au cours du dernier repas qu'il a partagé avec ses disciples.  Et, au moment même de sa résurrection, il a fait de nous tous des frères et des soeurs.  L'Eucharistie en est le mémorial.


Lorsque je m'avance pour recevoir entre mes mains la toute petite hostie et que j'entends ces paroles: "le Corps du Christ", qu'est-ce que cela veut dire pour moi ?  Est-ce que je tiens un morceau de pain ou est-ce que je reconnais mon Seigneur, comme Thomas après la Résurrection ?  Ai-je réfléchi à ces quelques paroles qui contiennent toute une réalité cachée et qui donne sens à la foi de l'Église et à la mienne ?  Ai-je pris conscience que c'est le Christ lui-même qui vient en moi lorsque je communie ?

Pour nous faire entrer progressivement dans son Esprit, qui est celui des Béatitudes, quel autre moyen Jésus nous a-t-il donné de plus sûr, que de se donner lui-même à nous dans sa Présence Eucharistique !  Si nous nous efforçons de grandir dans la compréhension intérieure de ce grand mystère de notre foi, la vie qui jaillit de l'Eucharistie envahira toute notre existence.  Elle nourrira nos journées, élèvera notre travail en offrande vers le Père, pétrira nos coeurs pour en faire du levain qui fait lever la pâte, qu'est le Royaume.  Il ne nous sera plus possible de participer au mystère du Christ pauvre, doux et humble de coeur, miséricordieux, artisan de paix et qui souffre persécution pour la justice...sans devenir à notre tour "béatitude" pour les personnes qui nous entourent !

Quelle béatitude me rejoint le plus ?
Cette béatitude m'unit-elle davantage à l'offrande
de Jésus dans l'Eucharistie ?
 


   Vos réflexions

Yolande nous dévoile la béatitude qui l'unit davantage à l'offrande de Jésus dans l'Eucharistie.

Merci pour ce partage !

Quelles questions d'intériorité !

"Heureux les affligés..." voilà une béatitude qui me rejoint le plus. Chacun de nous porte sa croix, assurément, et depuis l'enfance j'ai été affligée par plusieurs maladies et le deuil de mes enfants jumeaux. Chaque fois ma grande foi en Jésus venait me secourir, me consoler car qui d'autre que Dieu peux consoler de la perte d'enfants? Ces petits enfants qu'il aime tant laisser venir à Lui.

C'est dans l'Eucharistie, la plus profonde communication avec Jésus, que j'ai puisé ma force et mon réconfort. Les paroles consolatrices de la famille semblaient plutôt dérisoires à côté de cette puissance eucharistique qui me transportait déjà vers Dieu en lui remettant toute ma peine, mon désarroi et mon impuissance. C'est la source divine qui coula dans mes veines dès cette prise de conscience et où le meilleur encouragement des personnes, qui m'étaient pourtant chères, restait insignifiant comparativement à ce repas béni de Dieu que je savourais en silence et en adoration et qui transformait peu à peu mes inquiétudes, mes tourments et mes révoltes en sagesse, calme et paix.

Cette béatitude "Heureux les affligés" m'unit chaque fois davantage à l'offrande de Jésus dans l'Eucharistie. Les épreuves continuent mais cette action de grâce, de l'âme et de la divinité de Jésus-Christ sous les espèces du pain et du vin, me vivifie et se développe en moi avec le temps, ce qui transforme mes combats perpétuels en état de confiance, espérance, allégresse, rayonnement et douceur.

Comment remercier Jésus-Christ de ce cadeau renouvelé à chaque communion? En vivant jour après jour de ce ferment et en lui demandant de m'aider à accompagner les autres à travers Lui; puisque "Heureux les affligés...car ils seront consolés"...

Yolande V.



Pour Lizette, c'est la béatitude "Bienheureux les pauvres de coeur" qui la rejoint davantage. Dans cette béatitude, précise-t-elle, Jésus ne béatifie pas une condition sociale déplorable, négative, ni une disposition morale par l'esprit de pauvreté. Jésus observe et constate qu'heureux sont les pauvres qui, là devant lui, bénéficient de l'amour gratuit de Dieu.

Personnellement, c'est dans la maladie, la séparation et le feu que mon Dieu caché s'est révélé. Bienheureux les pauvres... le royaume des cieux est à eux. Le Seigneur me disait, dans ces moments-là : Ma fille, que rien ne te trouble, que rien ne t'épouvante, tout passe. Moi seul, ton Dieu, ne change pas.

J'ai dû me détacher, me dépouiller et m'abandonner (pas facile...) mais, dans la prière, j'ai compris que la pire des pauvretés était de me nourrir de mes misères.

J'ai prié... j'ai crié et j'ai imploré le Seigneur de m'éclairer et de me guider. Par la grâce de Dieu, mes misères (souffrances) sont devenues une richesse au service du Seigneur pour mes frères et soeurs en Jésus. En m'appuyant à tout instant sur le coeur de Jésus, je réalise que LA VRAIE PAUVRETÉ, C'EST DE S'ENCOMBRER DE JÉSUS !  Ainsi, il n'y a plus de place pour rien d'autre que Lui dans mon coeur.

Donner, tout donner pour suivre Jésus...

Lizette R.