Décembre 2005


Le silence de l'Incarnation


Rien de plus grand

que Dieu qui s'est fait homme.
Rien de plus merveilleux
que la Toute-Puissance enfouie dans cet enfant.
Rien de plus lumineux
que le Verbe qui prend notre language.
Rien qui apporte plus d'espérance
que cette Lumière qui luit au coeur de nos ténèbres.

Dans le silence de la nuit, quand l'heure fut sonnée dans l'éternité, Celui qui a tout créé et sans qui rien n'était, descendit parmi les siens pour vivre parmi eux. Du Verbe qu'il était, il est devenu sans parole; lui qui gouvernait tout, s'est mis sous la conduite de sa création. Lui à qui tout appartient, il a choisi une terre et un peuple.

Celui qui est la Source de toute vie et qui la maintient, s'est laissé accueillir comme don et s'est présenté dans la vulnérabilité d'une vie naissante. Il n'a pas refusé de se déposer dans les mains fragiles d'un homme et d'une femme. Il s'est fait petit, tellement petit qu'il ne s'est pas dévoilé lui-même comme Dieu, mais s'est fait reconnaître pleinement homme. Il s'était dit : Refaisons l'homme à notre image, cette fois-ci en le remodelant de l'intérieur. Toute vie suit maintenant la Sienne.

La route du bonheur ne se trouve pas dans l'éclat du pouvoir, ni dans la splendeur de l'avoir. Le bonheur est enfoui au coeur de notre être, car Celui qui s'est incarné sans bruit en notre chair, a pour nom "Amour". Désormais, la vie est éternelle puisque le temps est entré dans l'éternité.

Ne faut-il pas entrer dans le silence intérieur pour contempler ce grand mystère ?


Vos réflexions





Vos réflexions


Peut-on imaginer un plus beau cadeau de Noël que celui de l'Incarnation?
Si j'avais à envelopper un tel présent, je choisirais la couleur "bleu nuit" avec un motif étoilé or et argent, mais jamais je ne pourrais traduire la splendeur et la pureté de l'offrande faite en cette merveilleuse nuit. Car il
s'agit là d'un "échange prodigieux" où Dieu nous a aimés jusqu'au bout. En fait, c'est comme si Jésus s'agenouillait devant nous tout en nous embrassant sur la joue avec une grande délicatesse.

Bien qu'il se soit présenté dans la peau d'un enfant nouveau-né, c'est Lui qui nous prend dans ses bras en nous berçant tendrement. Quel miracle! En effet, Dieu fait craquer notre sens logique puisqu'il devient petit, humble, fragile. À partir de cette condition il nous invite à nous identifier à Lui, à Lui ressembler. Il se donne à nous pour que nous soyons transformés, transfigurés, sanctifiés. Je crois que ce n'est que dans le silence et la solitude que nous frôlons, et ce en partie seulement, l'immensité et la grandeur du mystère. C'est pourquoi, sans aucun doute, Dieu a choisi l'atmosphère feutrée et silencieuse d'une crèche pour s'offrir et se révéler. Il favorise ainsi un ineffable coeur à coeur où à notre tour nous pouvons lui offrir un cadeau : celui de notre abandon total à sa volonté.

Plus nous grandissons en Lui, par Lui, avec Lui, plus nous désirons le faire connaître aux autres. Chemin faisant, nous voulons partager le trésor pour qu'ensemble nous chantions : "Alleluia !"  Alors il me semble qu'il faudrait proclamer et crier haut et fort : "Si le Verbe s'est fait chair, c'est parce que nous lui sommes "chers". Comme c'est par une ultime grâce que Dieu a établi en nous sa demeure, notre raison humaine chancelle, se déstabilise, se renverse et se trouve complètement chamboulée.  Donc, face à une réalité semblable je me sens tout à fait privilégiée et chaque fois que j'aborde le "mystère" des mystères que se veut l'Incarnation, un doux frisson me parcourt et je renais sans cesse. S'éveille alors en moi le désir de me laisser modeler et de plonger avec Lui au coeur même de l'Éternité.


Ginette D., associée





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