Avril 2006


Le Silence de la Résurrection


Il y a toujours quelque chose de dramatique dans la mort; qu'elle soit physique ou qu'il s'agisse de nos "petites morts" quotidiennes ou de celles qui marquent nos vies. Mais remarquons-nous toujours les "résurrections" qui s'ensuivent? Car dans le Christ il n'y a plus de "mort" sans "vie nouvelle" qui en jaillisse. Sommes-nous tellement pris par la douleur et la perte ressenties de nos "morts", que nous devenons aveugles et sourds face à ce qui suit?

Le mot "Pâques" dit bien le "passage" que nous sommes toujours appelés à vivre de la mort à la vie. Mais la vie est tellement silencieuse, elle grandit sans faire aucun bruit. Qui entend un arbre pousser? Le printemps ne jaillit-il pas sans faire de bruit? Une fleur va surgir de terre au contact de la chaleur du soleil sans sonner de la trompette pour annoncer son arrivée! Prenons-nous le temps de voir la vie autour de nous et en nous? Allons-nous toujours au bout de nos "Pâques" personnelles pour véritablement profiter de la vie qui nous est offerte?

Trois jours après sa mort, Jésus se relève! Une vie nouvelle jaillit en lui et il quitte le tombeau sans faire aucun bruit et sans se faire voir de personne. Remarquons que c'est pendant la nuit, symbole de la mort, que Jésus sort Vivant, car au matin du troisième jour, il n'est déjà plus là ( Luc 24,3 ).

Les femmes qui se rendent au tombeau, s'y rendent pour ensevelir définitivement le corps de Jésus. Mais quelle fut la surprise quand elles ont trouvé le tombeau vide! Jésus va devoir se montrer à elles vivant pour les faire sortir intérieurement de cette mort qu'elles croient définitive. La question qui leur est posée : "Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts?" ( Luc 24,5 ) est aussi bonne pour nous. Continuons-nous à chercher ce qui "était" dans nos "morts" intérieures? Réalisons-nous que nos tombeaux sont vides? Et que ce qu'il y avait dedans s'est transformé en quelque chose de nouveau et que pour le voir, il nous faut sortir de nos tombeaux intérieurs?

Pour percevoir et accueillir la vie nouvelle en nous, il nous faut affiner notre écoute par le silence. Et si nous demeurons attentifs(ves) suffisamment longtemps, car oui, il faut de la patience, nous recueillerons les fruits qui proviennent de l'arbre de la vie, c'est-à-dire, de la Croix! Car en Jésus, la mort n'a plus le dernier mot...elle n'est plus définitive. En lui, TOUT peut être transformé en vie nouvelle à la condition de se mettre au pied de sa Croix et de se laisser envahir par la miséricorde qui jaillit de sa vie donnée pour chacun et chacune de nous! Et seulement alors la joie du Ressuscité nous comblera et nous pourrons chanter : "Alléluia! Le Christ est ressuscité et il m'a ressuscité avec lui!"

Joyeuse Résurrection à tous et à toutes!





Vos réflexions

La visite de Jésus ressuscité

Jésus ressuscité frappe à ma porte tout en douceur. Il n'entrera que si je lui ouvre de l'intérieur car il n'y a pas de poignée à l'extérieur... Il m'apprend toujours des façons nouvelles de provoquer de petites résurrections sur mon chemin de vie.

Étant travailleuse bénévole dans un centre hospitalier, je rencontre, lors de mes visites hebdomadaires, des personnes parfois attristées par une mauvaise nouvelle reçue, par un inconfort passager, par le poids d'une maladie à porter, ou par la solitude ou l'ennui de se retrouver loin des siens. Mon rôle en est un d'écoute et d'accompagnement en toute humilité. Je passe dans leur vie, ne serait-ce que quelques instants, mais je fais confiance à l'Esprit Saint pour m'inspirer la qualité de présence que la personne souhaite. Cela se traduit parfois par de simples gestes qui donnent sécurité et réconfort au moment de cette rencontre coeur à coeur. À l'exemple du Christ tout aimant, lorsque j'entre dans une chambre, je tente d'être attentive à ce que la personne souhaite. Les demandes sont aussi variées que les gens à visiter: ce peut être un verre d'eau, une orange, un café, une débarbouillette humide, ou tout simplement un besoin qu'on lui tienne la main en silence.

Quand j'ai terminé ces visites, je vais toujours à la chapelle de l'institution pour déposer au pied de l'autel les intentions de chaque patient visité. Il y a quelques semaines, il y avait une grosse gerbe de fleurs au pied de la statue de la Vierge. J'ai pensé que la Vierge serait contente si je portais une de ces fleurs à une patiente particulièrement triste lors de mon passage. Quel sourire et quelle joie cette fleur dérobée a allumé dans les yeux de cette dame! C'était réellement le Joie du Ressuscité.

Le Seigneur me conduit et, à l'exemple de Marie, je garde beaucoup de ces secrets en mon coeur pour les méditer et rendre grâce! Plus le silence intérieur grandit, plus la paix m'envahit et ainsi mon âme se repose en son Bien-Aimé. Je continue encore de prier pour que l'équilibre se fasse entre mon désir de silence et la réalisation de mon devoir d'état qui exige des relations avec le monde extérieur et des contacts avec le prochain. Ensemble, prenons le temps de vivre de la vie qui jaillit du coeur du Ressuscité!


Ginette, pmf  (petite mère de famille)




































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