Août 2006


Solitude,
un chemin de conversion

La solitude recherchée et vécue dans la vie monastique est tout autre que celle qui isole et qui engendre tristesse et mélancolie. Le fruit que porte la solitude en Dieu est celui de la communion. Mais pour goûter ce fruit en profondeur, nous avons à parcourir un chemin de conversion.

Il est vrai qu'au coeur de toute solitude, il y a des moments d'isolement.  Une première conversion à vivre est de laisser Dieu entrer et visiter nos isolements intérieurs afin d'en briser les murs qui nous séparent de Lui, de nous-mêmes et des autres. Cette première transformation nous ouvre à entrer en relation et permet à notre solitude d'être habitée et partagée.

La solitude physique peut faire peur car nous nous retrouvons seuls, seules, avec nous-mêmes et nous sommes confrontés à tout ce qui nous habite. Ce face à face avec soi peut sembler difficile de prime abord, mais il cache un trésor nécessaire à tout être humain : celui de se réconcilier avec soi-même et avec les autres. Voici une deuxième conversion : apprendre à se re-tourner vers soi-même afin de reconnaître ses captivités intérieures pour finalement s'en dé-tourner et acquérir une plus grande liberté.

Cette liberté nouvellement acquise nous met au service des autres. Détachés de nos égoïsmes, nous sommes appelés à nous tourner vers les autres et à cheminer sur la voie de l'amour. La solitude vraie conduit à la conversion du coeur, à une révision de notre échelle des valeurs. Elle implique un changement de direction qui exige de quitter ce qui nous garde esclaves pour vivre dans la liberté des enfants de Dieu. C'est le sens de la métanoia biblique.

Reconnaître ce qui nous empêche d'aimer n'est pas une conversion facile. Elle requiert un plus grand amour, celui de Dieu lui-même. Accueillir son amour et y croire est une troisième conversion qui fait naître la joie du mystère pascal, joie qui est l'expression d'une vie nouvelle sortie du milieu de nos ténèbres. Sans cet Amour de Dieu qui sauve et guérit, nous pouvons vite nous enfermer dans une fausse auto-condamnation, ce qui isole davantage. L'Amour de Dieu expérimenté dans la solitude reconstruit les ponts brisés vers Dieu lui-même, vers soi et vers les autres.

La solitude devient alors une Demeure habitée par Dieu et où les autres trouvent aussi leur demeure. Elle devient source d'une plénitude intérieure dont le sommet est la communion.



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